L’Induction de 183 nouveaux ingénieurs au Ghana marque un tournant pour la profession, mais aussi un appel pressant à agir contre les défis structurels du pays, notamment l’orpaillage illégal et la dégradation des infrastructures.
Une promotion d’ingénieurs sous le signe de l’excellence et de la responsabilité
Le Ghana Institution of Engineering (GhIE) a officiellement intégré 183 nouveaux membres lors de sa 49e cérémonie d’induction, validant leur réussite aux examens professionnels de mars-avril 2026. Parmi eux, 173 intègrent la classe des ingénieurs professionnels, 4 celle des technologues, et 1 devient membre associé. Les spécialités couvrent des domaines critiques comme le génie civil, électrique, mécanique ou minier, reflétant la diversité des besoins du pays.
Le président du GhIE, Ing. Dr. Ludwig Annang Hesse, a salué leur discipline et leur engagement, tout en insistant sur l’importance de la formation continue et du respect des normes professionnelles. « Votre titre d’ingénieur doit être porté avec fierté, mais aussi avec humilité et un sens aigu du devoir », a-t-il déclaré, soulignant que l’ingénierie ne se limite pas aux structures ou aux chiffres, mais concerne avant tout les populations.
Galamsey et effondrements : deux urgences pour les nouveaux ingénieurs
Le président du GhIE a utilisé cette tribune pour alerter sur deux crises majeures : l’orpaillage illégal (galamsey) et les effondrements de bâtiments. Selon lui, le galamsey ne se réduit pas à un problème environnemental, mais menace la sécurité alimentaire, la santé publique et l’intégrité des écosystèmes. « Les Ghanéens doivent voir des résultats concrets », a-t-il insisté, appelant à une stratégie globale incluant la réhabilitation des sites et la protection des ressources naturelles.
Parallèlement, il a pointé du doigt les défaillances structurelles responsables des effondrements de bâtiments, exigeant un renforcement des contrôles et des sanctions. « Les tragédies passées doivent nous servir de leçon », a-t-il martelé, invitant les ingénieurs à prioriser la sécurité dans leurs décisions.
Infrastructures en crise : un rapport accablant et des pistes d’amélioration
L’occasion a aussi été saisie pour présenter le Ghana Infrastructure Report Card 2026, évaluant huit secteurs clés (éducation, énergie, transports, santé, etc.). Malgré une méthodologie élargie, le pays conserve une note globale de D3, révélant des lacunes persistantes en matière de financement, de maintenance et de résilience. Les domaines critiques identifiés incluent la préservation des actifs, la santé-sécurité et l’adaptation aux risques climatiques.
Ing. Dr. Hesse a conclu en appelant à un changement de paradigme : « Le Ghana a besoin d’ingénieurs compétents et intègres, capables de concilier performance et bien commun. » Le thème de l’année, « *Engineering Our Future – Do It Well, Do It Right* », résume cette ambition : allier rigueur technique et éthique professionnelle pour bâtir un avenir durable.