Gestion du patrimoine bâti au Sénégal : la controverse autour d'une villa au Point E

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 17 lectures
Gestion du patrimoine bâti au Sénégal : la controverse autour d'une villa au Point E

L'attribution d'une villa de l'État située dans le quartier prisé du Point E à Dakar, occupée par l'ancien procureur Serigne Bassirou Guèye, est devenue le point focal d'une enquête parlementaire sur la gestion du patrimoine bâti public. Ce dossier, qui mêle procédures administratives complexes et accusations politiques, soulève des interrogations majeures sur les critères d'attribution des biens de l'État et la transparence des baux emphytéotiques.

Une transformation immobilière sous haute tension

Avant de devenir une résidence de haut magistrat, le bâtiment en question présentait une situation atypique : il servait d'entrepôt pour des denrées alimentaires loué à un commerçant privé. Selon les explications fournies par Serigne Bassirou Guèye, le bien était dans un état dégradé lorsqu'il a été choisi en 2005. L'ancien procureur affirme avoir financé lui-même les travaux de rénovation nécessaires pour rendre la structure habitable, avant d'obtenir un bail validé par la présidence sous l'ère Macky Sall.

Divergences sur les conditions d'attribution

Le 8 octobre 2026, les auditions devant la commission d'enquête parlementaire ont révélé des versions contradictoires. Yaya Abdoul Kane, ancien directeur général de la SOGEPA, a soutenu que deux villas, initialement non répertoriées dans le patrimoine de l'État, auraient été cédées via des baux emphytéotiques de 99 ans pour un loyer mensuel de 100 000 francs CFA. Ces déclarations ont suscité une vive polémique, le montant étant jugé dérisoire au regard des prix du marché immobilier dans ce quartier dakarois.

La défense du magistrat face aux allégations

Serigne Bassirou Guèye a formellement contesté ces affirmations, qualifiant les propos de l'ancien responsable de la SOGEPA de « fausses déclarations ». Il précise que les 100 000 francs CFA mentionnés correspondaient à une retenue sur salaire pour indemnité de logement, et non à un loyer. Il soutient aujourd'hui verser une redevance mensuelle de 1,5 million de francs CFA dans le cadre d'un contrat de location. Alors que la commission d'enquête poursuit ses travaux, ce cas illustre les enjeux de gouvernance entourant la gestion des actifs immobiliers publics et la nécessité de clarifier les procédures d'octroi de baux de longue durée.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.