L'audition d'Abdou Karim Fofana, ancien directeur général de l'Agence de gestion du patrimoine bâti de l'État (AGPBE), devant la commission d'enquête parlementaire, a mis en lumière des divergences marquées sur le cadre juridique des cessions immobilières. Cet échange souligne les tensions persistantes entre les procédures administratives passées et le contrôle parlementaire en cours sur la gestion des biens publics.
Divergences sur le régime juridique des baux
Au cœur des débats, la question de l'approbation des baux a cristallisé les désaccords. Abdou Karim Fofana a insisté sur la nécessité de distinguer deux périodes distinctes : celle précédant la création de l'AGPBE et celle suivant le décret de 2013. Selon l'ancien ministre, les opérations menées par l'agence sous l'empire de ce texte ne nécessitaient pas d'approbation par décret, l'institution disposant des prérogatives nécessaires pour mener à bien la politique d'acquisition et d'aliénation du patrimoine bâti. Il a ainsi réfuté toute irrégularité dans la mise à disposition de villas et de locaux commerciaux par voie de bail durant son mandat.
Tensions entre audition et exercice judiciaire
La séance a été marquée par une vive altercation entre l'ancien directeur général et le président de la commission. Abdou Karim Fofana a ouvertement critiqué la posture des enquêteurs, reprochant au président de la commission de formuler des commentaires sur ses réponses et de tenter d'orienter ses propos. En rappelant à son interlocuteur qu'il n'exerçait pas une fonction de juge, l'ancien ministre a dénoncé ce qu'il perçoit comme une volonté d'influencer le témoignage plutôt que de recueillir des faits.
La question de la transparence administrative
Au-delà de l'échange houleux, cette audition interroge la complexité des procédures de gestion du patrimoine de l'État. L'ancien responsable a déploré la multiplication des éléments de contexte fournis par les députés, qu'il juge parfois confus ou répétitifs. En refusant de se laisser enfermer dans une réponse préétablie, il a réaffirmé sa position sur la conformité des actes posés par l'agence, tout en soulignant sa volonté de clore les polémiques médiatiques pour se concentrer sur les questions techniques posées par les membres de la commission.