Le Plan décennal de gestion des inondations (PDGI), déployé au Sénégal entre 2012 et 2022, fait l'objet d'une demande de reddition des comptes. Babo Amadou Ba, cadre de PASTEF et docteur en finance, exige une évaluation rigoureuse des 766 milliards de FCFA mobilisés pour ce programme avant toute nouvelle projection budgétaire.
Une décennie de financements structurée en trois phases
Le programme, conçu pour répondre durablement aux risques d'inondations, a été exécuté selon une architecture financière précise. La phase d'urgence, couvrant la période 2012-2014, a été dotée de 66 milliards de FCFA. Elle a été suivie par une phase à court terme (2014-2016) de 250 milliards de FCFA, puis par une phase à moyen et long terme (2016-2022) représentant 450 milliards de FCFA. Au total, ce sont 766 milliards de FCFA qui ont été programmés sur dix ans pour transformer la résilience des infrastructures face aux aléas climatiques.
L'exigence d'un bilan financier et physique
Pour Babo Amadou Ba, la simple annonce de montants ne saurait suffire à justifier l'efficacité de l'action publique. Il souligne que les citoyens sénégalais sont en droit d'obtenir un bilan exhaustif, détaillant non seulement l'utilisation effective des fonds, mais également les réalisations physiques concrètes sur le terrain. Cette démarche de transparence est présentée comme un impératif de bonne gouvernance, indispensable pour restaurer la confiance entre l'administration et les populations impactées par les inondations récurrentes.
Le défi de la planification future
Cette interpellation intervient dans un contexte où les autorités envisagent le lancement d'un nouveau plan de gestion des inondations, dont le coût est estimé à 921 milliards de FCFA pour l'horizon 2026. En posant la question du bilan du cycle précédent, l'expert en finance pointe l'enjeu de la continuité et de la responsabilité budgétaire. L'absence d'évaluation claire du programme 2012-2022 pourrait, selon lui, fragiliser la crédibilité des nouveaux engagements financiers de l'État dans ce secteur stratégique.