Alors que l'hivernage 2026 se poursuit, le Sénégal fait face à une pluviométrie exceptionnelle qui met à rude épreuve les infrastructures de drainage. Si le ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement affiche un taux de résolution de 79,4 % des signalements reçus, la persistance des risques impose une vigilance accrue sur l'ensemble du territoire.
Une pression climatique inédite sur les infrastructures
Les précipitations enregistrées début octobre ont atteint des niveaux historiques, illustrant la vulnérabilité des zones urbaines. À Dakar-Yoff, le cumul de 137,5 mm en 24 heures constitue le troisième relevé le plus élevé depuis 1981. Des localités comme Rufisque, Ngor, Keur Massar et Guédiawaye ont également subi des volumes d'eau dépassant les 100 mm. La zone de captage, en raison de sa configuration naturelle de bassin versant, a été particulièrement exposée avec 148 mm tombés en un temps très court, saturant les capacités d'évacuation.
Mobilisation opérationnelle et continuité des services
Pour répondre à l'urgence, 120 agents polyvalents d'intervention pluviale ont été déployés sur le terrain. Au 14 octobre, sur 1 265 signalements centralisés par la plateforme Allô Inondation, 1 004 ont été traités. La situation reste toutefois critique pour certains services publics : à Yoff, le centre de santé Philippe Maguilen Senghor a dû procéder à l'évacuation de nouveau-nés face à la montée des eaux, soulignant les enjeux de résilience des infrastructures de santé face aux aléas climatiques.
Stratégies de prévention et gestion des risques
La stratégie nationale s'appuie désormais sur une surveillance accrue des points bas et des ouvrages sensibles. Dans la région de Dakar, où le taux de résolution atteint 85,2 %, les autorités misent sur le prépositionnement des moyens d'intervention. Parallèlement, sept localités ont intégré des Plans communaux de sauvegarde, utilisant des seuils pluviométriques d'alerte définis avec l'ANACIM pour anticiper les crues. Si les aménagements récents, notamment à Keur Massar Sud, ont permis de réduire l'impact des eaux, l'entretien pérenne des bassins de rétention demeure un défi majeur pour les populations, encore marquées par les épisodes de 2020.