Une crise interne secoue l’Office des lacs artificiels du Sénégal (Olac), où la direction est accusée de dérive managériale et de pratiques opaques. Les syndicats dénoncent des licenciements arbitraires, des dépenses somptuaires et une gestion discriminatoire des ressources humaines, plongeant l’institution dans une tourmente sans précédent.
Contexte et accusations syndicales
Les tensions à l’Olac ont pris une tournure politique et sociale avec les revendications du Syndicat autonome des travailleurs des eaux du Sénégal (Sates). Selon leurs communiqués, la directrice générale, Diarra Sow, est pointée du doigt pour des dépenses jugées excessives, comme l’achat de téléphones portables de luxe, ainsi que pour l’éviction d’un administrateur représentant le personnel, Abdoulaye Oumar Diallo. Les syndicalistes invoquent un décret présidentiel qui protège les représentants du personnel contre toute forme de représailles, qualifiant la sanction de « bafouement » de cette disposition.
Au-delà des licenciements, les Sates dénoncent un blocage des fonds sociaux des travailleurs et une gestion discriminatoire des recrutements. Ils évoquent notamment l’embauche de 68 personnes dans des conditions jugées opaques, alimentant un climat de défiance au sein de l’institution. Face à cette situation, le syndicat exige l’annulation immédiate du licenciement de Diallo et une intervention ministérielle pour rétablir la transparence.
Réactions et perspectives
La directrice générale de l’Olac, contactée pour réagir, a choisi le silence, se retranchant derrière sa position administrative. Cette absence de réponse officielle laisse planer des interrogations sur la gouvernance interne et la capacité de l’institution à surmonter ses divisions. Les enjeux dépassent le cadre strict de l’Olac : ils interrogent la crédibilité des politiques publiques en matière de gestion des ressources hydriques, un secteur stratégique pour le Sénégal.
La crise actuelle pourrait s’aggraver si les autorités ne tranchent pas rapidement, risquant d’affaiblir davantage une institution déjà fragilisée par des dysfonctionnements persistants. Pour les travailleurs, l’enjeu est double : défendre leurs droits et garantir une gestion saine des ressources de l’État, dans un contexte où la transparence devient un impératif catégorique.