Gérald Darmanin à Tourcoing : la France « ne rattrapera » pas les États-Unis et la Chine

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 31 lectures
Gérald Darmanin à Tourcoing : la France « ne rattrapera » pas les États-Unis et la Chine

Le ministre de la Justice Gérald Darmanín a jugé, depuis Tourcoing, que la France « ne rattraper[a] » pas les États-Unis et la Chine, deux « géants » appelés selon lui à dominer durablement l'ordre mondial. Le ministre, qui affiche son soutien à Édouard Philippe en vue de l'élection présidentielle de 2027, livre une vision réaliste — voire résignée — de la place de la France dans la compétition entre grandes puissances.

Une déclaration sur l'écart de puissance avec Washington et Pékin

En déplacement à Tourcoing, Gérald Darmanín a invité son auditoire à regarder en face le rapport de force international. « Qui ne voit pas que la Chine et les États-Unis sont deux géants que nous ne rattraperons pas », a lancé le ministre de la Justice, selon des propos rapportés par BFM. La formule, volontairement abrupte, traduit une lecture lucide du décalage démographique, économique et technologique qui s'est creusé entre les deux superpuissances et les pays de taille intermédiaire, dont la France.

Un ministre qui s'affiche dans le camp d'Édouard Philippe

Au-delà du constat géopolitique, l'intervention confirme le positionnement de Gérald Darmanín dans la perspective de 2027. Le ministre assume publiquement son soutien à Édouard Philippe, dont il avait déjà porté la candidature à la tête d'Horizons. En s'exprimant sur le rang mondial de la France, il trace implicitement la ligne d'un discours qui pourrait servir de base programmatique à l'ancien Premier ministre : accepter le rapport de force, refuser l'illusion d'une puissance rattrapant les deux leaders, et concentrer l'ambition française sur ce qui reste jouable — influence européenne, niches industrielles, diplomatie.

Un signal envoyé au débat politique français

La sortie intervient alors que plusieurs responsables politiques, à droite comme à gauche, plaident au contraire pour une « puissance française » retrouvée, voire pour un rééquilibrage face à Washington ou Pékin. En fixant publiquement une borne — l'impossibilité de « rattraper » les deux géants — Darmanín ouvre un débat stratégique autant qu'identitaire : faut-il continuer à parler de la France comme d'une grande puissance autonome, ou admettre une hiérarchie mondiale plus verticale qu'à l'époque de la Guerre froide ? La manière dont Édouard Philippe articulera, ou non, cette phrase avec son propre logiciel politique sera l'un des points à suivre dans les prochains mois.

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