Les deux jours de négociations du 16 et 17 septembre à Genève rassembleront les représentants de la République démocratique du Congo et du Rwanda, accompagnés de médiateurs américains, qataris, togolais et de la Commission de l’Union africaine. L’objectif principal est d’évaluer les progrès réalisés sur les engagements de sécurité inscrits dans les Accords de Washington signés en 2025.
Mécanisme de coordination sécuritaire (JSCM) et rôle des médiateurs
Le dialogue s’inscrit dans le cadre du Joint Security Coordination Mechanism (JSCM), créé pour suivre et coordonner la mise en œuvre des engagements bilatéraux. Le JSCM réunit les autorités congolaises et rwandaises, tandis que les États‑Unis, le Qatar, le Togo et l’Union africaine assurent la médiation et le soutien technique. La réunion fait suite à une précédente session du JSCM du 12‑13 août, où les deux parties avaient convenu de renforcer le suivi sur le terrain et d’élaborer un plan d’opérations révisé.
Engagements clés du processus de Washington et obstacles persistants
Les Accords de Washington imposent à la RDC de neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et au Rwanda de désengager ses troupes et de lever les mesures défensives le long de la frontière. Malgré ces engagements, les combats continuent dans les provinces du Nord et du Sud Kivu, où l’armée congolaise (FARDC) affronte le groupe rebelle M23. Ce dernier, non signataire des Accords, reste un facteur majeur d’instabilité, ayant repris le contrôle de Goma et Bukavu en 2025. Le processus, soutenu par les États‑Unis, prévoit également un dialogue mené par le Qatar entre Kinshasa et le M23, aboutissant au Doha Framework signé en novembre 2025.
Débats autour de la FDLR : protocole de désarmement contesté
Le 28 juillet, Kinshasa a annoncé qu’une faction de la FDLR avait signé un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement, le présentant comme un pas vers le respect de l’accord de Washington. Kigali a immédiatement rejeté cette avancée, arguant que le texte de Washington exige la neutralisation totale de la FDLR, non une négociation. Le Rwanda accuse également la RDC de continuer à soutenir le groupe, ce qui complique la mise en œuvre de ses propres engagements de retrait des forces et de levée des mesures de défense.
Perspectives et prochaines étapes après Genève
Les discussions de septembre devront clarifier le statut du protocole FDLR et déterminer les modalités de désengagement rwandais. Les parties ont prévu une conférence de planification trilatérale en octobre, qui devrait déboucher sur un ordre d’opérations révisé guidant leurs actions coordonnées. Le suivi de ces engagements sera crucial pour la stabilité du bassin du Grand Lac et pour la réalisation de la vision régionale d’intégration économique et de croissance annoncée dans les Accords de Washington.