La National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), autorité américaine de régulation de la sécurité routière, a élevé le niveau de son enquête sur les systèmes de freinage de General Motors (GM). Cette procédure d'analyse technique, la plus rigoureuse avant une éventuelle injonction de rappel, concerne plus d'un million de véhicules, incluant des modèles électriques et thermiques.
Une montée en puissance de l'enquête fédérale
L'investigation, initiée en avril 2024 suite à des signalements sur le Cadillac Lyriq, a été requalifiée par l'Office of Defects Investigation (ODI) en « analyse technique ». Cette décision fait suite à la persistance de rapports faisant état de défaillances du système de freinage, malgré les investigations internes menées par le constructeur. Les autorités fédérales ont recensé des centaines d'incidents, dont plus d'une vingtaine de collisions ou d'incendies, ayant entraîné au moins six blessés.
Les limites du système eBoost
Au cœur de la controverse se trouve la technologie « eBoost », un système de freinage électronique par câble introduit par GM en 2019. Contrairement aux mécanismes traditionnels, cette technologie supprime la liaison mécanique entre la pédale et le système de freinage. Si GM avait initialement attribué les dysfonctionnements à des fractures au niveau de la broche du système, les données recueillies par la NHTSA contredisent cette analyse. Les rapports font état d'une perte soudaine de l'assistance au freinage, augmentant considérablement les distances d'arrêt et les risques d'accident.
Un impact étendu sur la gamme GM
La problématique dépasse le cadre strict des véhicules électriques. Si des modèles phares comme le Blazer EV, l'Equinox EV, le Cadillac Lyriq, ainsi que le Honda Prologue et l'Acura ZDX — issus d'un partenariat avec Honda — sont équipés de l'eBoost, des véhicules thermiques tels que le Chevrolet Colorado, le GMC Canyon et les Buick Enclave et Envision sont également concernés. La gravité des faits est illustrée par des témoignages de conducteurs ayant dû effectuer des manœuvres d'urgence, comme percuter volontairement des obstacles pour stopper leur véhicule après une perte totale de freinage.
Vers une procédure de rappel
L'analyse technique en cours vise à déterminer si la conception même du système eBoost présente un défaut structurel nécessitant une intervention corrective majeure. Pour les propriétaires et les gestionnaires de flottes, cette étape constitue un signal fort : la NHTSA juge désormais les preuves suffisantes pour envisager une action contraignante. L'issue de cette enquête pourrait forcer General Motors à procéder à un rappel massif pour sécuriser les systèmes électroniques de freinage sur l'ensemble des modèles identifiés.