Geely a présenté sa batterie Shendun Golden capable de charger de 10 à 70 % en 4 minutes 30 secondes, grâce à un taux de charge de 12C et à un logiciel d’IA qui gère la température. Le dispositif soulève la question de son adaptation au réseau de recharge français, encore largement dominé par des bornes de 150 kW.
Une technologie de charge à 12C, soit près d’un mégawatt
Le taux de 12C signifie que la puissance de charge équivaut à douze fois la capacité de la batterie ; pour un pack de 100 kWh, cela représente environ 1 200 kW. Lors des essais sur la Lynk & Co 10, le pic mesuré a atteint 1 093 kW, bien en dessous de la puissance maximale théorique de la borne de 2,25 MW, la batterie limitant le flux dès qu’elle chauffe.
Gestion thermique par intelligence artificielle
Pour éviter la surchauffe, Geely a collaboré avec la start‑up chinoise StepFun afin de développer un algorithme capable de prévoir la température de la batterie trente secondes à l’avance et d’ajuster la puissance en temps réel. Les essais ont montré une température moyenne de 55 °C, avec un pic inférieur à 65 °C, ce qui reste compatible avec les exigences de sécurité des batteries haute puissance.
Déploiement en Chine et absence d’offres européennes
En Chine, le constructeur prévoit plus de 100 000 pistolets de recharge d’ici fin 2027, dont plus de 50 000 bornes dites « Geely Smart Charging ». Aucun plan de déploiement n’a encore été annoncé pour l’Europe, et la France ne compte aujourd’hui que 12 % de ses 185 501 points de charge publics (fin 2025) avec une puissance d’au moins 150 kW, selon Avere France.
Compatibilité des véhicules français et concurrence
Pour exploiter pleinement ces bornes mégawatt, les véhicules doivent pouvoir accepter une telle puissance. Actuellement, les modèles français ne sont pas conçus pour absorber plus d’un mégawatt. Xpeng, un autre constructeur chinois, a annoncé l’installation de bornes de 1 000 kW ouvertes à toutes les marques, d’abord au Danemark puis en France, mais ses propres modèles ne sont pas encore capables de recevoir cette puissance, illustrant le décalage entre infrastructure et capacité des véhicules.