Le constructeur automobile chinois Geely franchit une étape décisive dans l'optimisation des véhicules électriques en concevant une architecture 1 000 volts. Cette avancée technologique vise à réduire drastiquement le temps de charge, avec pour objectif d'atteindre 80 % de capacité en moins de 5,5 minutes.
Une puissance de charge inédite
Pour rivaliser avec les standards du thermique, Geely mise sur une puissance de 1 500 kW. Cette innovation technique, qui dépasse les capacités des systèmes actuels de 800 volts, est conçue pour transformer l'expérience utilisateur en éliminant les temps d'attente prolongés aux bornes. Lors de tests réalisés sur le modèle Lynk & Co 10, la firme a démontré la viabilité de cette technologie en atteignant une charge de 70 % en seulement 4 minutes et 22 secondes, avec un pic de puissance enregistré à 1 077 kW.
La course au déploiement infrastructurel
La stratégie de Geely ne se limite pas à la conception des véhicules ; elle s'étend au déploiement massif d'infrastructures. Le groupe a déjà installé plus de 2 100 bornes capables de délivrer 1 500 kW sur le territoire chinois. Bien que son concurrent BYD maintienne une avance quantitative avec un réseau plus étendu, Geely intensifie ses investissements pour mailler le territoire. Toutefois, l'usage réel de cette puissance reste pour l'instant conditionné à l'adaptation technique des futurs modèles de la marque.
Les défis techniques et géographiques
Au-delà de la tension électrique, la démocratisation de cette recharge ultra-rapide impose des contraintes industrielles majeures. L'intégration de systèmes de refroidissement avancés est indispensable pour garantir la sécurité et la longévité des batteries face à de tels flux d'énergie. Parallèlement, Geely poursuit ses recherches sur les batteries solides, dont l'arrivée est prévue pour 2027. Il convient de noter que ces avancées sont, à ce jour, circonscrites au marché chinois. L'arrivée de cette technologie en Europe dépendra non seulement de la commercialisation de véhicules compatibles, mais surtout de la mise à niveau nécessaire des réseaux de recharge locaux, un enjeu qui reste à ce jour sans calendrier précis.