À l'approche des élections générales de 2027 au Nigeria, la composition du conseil de campagne du All Progressives Congress (APC) suscite des tensions au sein de la classe politique. Gbenga Olawepo-Hashim, candidat à la présidence pour l'Accord Party, a vivement critiqué l'intégration de figures issues de l'opposition, qualifiant cette stratégie de manque de discipline politique.
Une remise en cause de la loyauté partisane
La controverse porte sur la présence de gouverneurs de l'opposition, notamment Ademola Adeleke (Osun) et Charles Soludo (Anambra), au sein des instances de campagne du parti au pouvoir. Pour Gbenga Olawepo-Hashim, cette configuration ne témoigne ni d'une maturité démocratique ni d'une nécessité de survie politique, mais relève d'une forme de « rascalité » et d'indiscipline. Cette sortie médiatique souligne les fractures persistantes sur la gestion des alliances électorales et la porosité des frontières entre les partis politiques nigérians.
L'indépendance du vote des électeurs d'Osun
Au-delà de la critique des alliances, le candidat de l'Accord Party conteste l'influence réelle que pourraient exercer ces gouverneurs sur le comportement électoral de leurs administrés. Selon lui, le soutien affiché par un gouverneur à un candidat présidentiel ne garantit en rien le report des voix de sa base électorale. Il insiste sur le fait que les citoyens, particulièrement dans l'État d'Osun, possèdent une tradition d'indépendance politique et ne se laissent pas dicter leur choix par les arrangements de leurs dirigeants.
Le précédent de 2011 comme argument historique
Pour étayer son analyse, Olawepo-Hashim s'appuie sur le précédent des élections de 2011. Il rappelle qu'à l'époque, malgré les manœuvres politiques de Bola Tinubu en faveur de Goodluck Jonathan, les électeurs d'Osun avaient choisi de soutenir Nuhu Ribadu, le candidat de l'Action Congress of Nigeria. En invoquant cet historique, il cherche à démontrer que l'électorat nigérian, qu'il qualifie d'idéologique et d'honorable, reste imperméable aux consignes de vote qui contredisent leurs convictions personnelles. Fort de cette conviction, il maintient que son parti conserve toutes ses chances de convaincre les électeurs lors du prochain scrutin présidentiel, indépendamment des ralliements affichés par les gouverneurs en place.