Gamou de Tivaouane : l’eau, nouveau défi logistique pour une cité spirituelle sous pression

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 18 lectures
Gamou de Tivaouane : l’eau, nouveau défi logistique pour une cité spirituelle sous pression

Le Gamou de Tivaouane, grand rassemblement spirituel annuel, met en lumière les lacunes des infrastructures locales : l’accès à l’eau potable devient un enjeu critique pour des milliers de fidèles.

Un pèlerinage sous haute tension logistique

Chaque année, Tivaouane attire des centaines de milliers de pèlerins pour célébrer la naissance du Prophète Muhammad (PSL) et honorer la mémoire d’El Hadji Malick Sy. Pourtant, la cité religieuse, submergée par cet afflux, peine à garantir des conditions de vie décentes. Serigne Moustapha Sy Al Amine, porte-parole du Comité d’Organisation au Service du Khalife Ababacar Sy (COSKAS), a dressé un bilan contrasté de l’événement, soulignant les efforts organisationnels tout en pointant du doigt un problème récurrent : l’approvisionnement en eau.

L’eau, parent pauvre des infrastructures tidianes

Lors de son discours officiel, Serigne Moustapha Sy Al Amine a directement interpellé les autorités sénégalaises sur l’urgence de renforcer l’accès à l’eau dans plusieurs quartiers de Tivaouane. « Il y a des zones qui n’ont pas d’eau », a-t-il alerté, évoquant des camions-citernes comme solution temporaire. Cette déclaration révèle une réalité souvent occultée : malgré son statut de ville sainte, Tivaouane souffre de carences structurelles en matière d’hydraulique, exacerbées par l’afflux massif de visiteurs.

Un appel aux autorités pour des solutions durables

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, présent en tant que représentant de l’État, a reçu le message. L’interpellation du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement souligne l’urgence d’investir dans des infrastructures pérennes, plutôt que de recourir à des palliatifs. Pour les fidèles, l’accès à l’eau potable n’est pas un luxe, mais une nécessité sanitaire et spirituelle, surtout lors d’un événement où la propreté et l’hygiène sont indissociables de la pratique religieuse.

Entre tradition et modernité, le défi des villes spirituelles

Le Gamou de Tivaouane illustre un paradoxe africain : des cités chargées d’histoire et de symboles religieux peinent à s’adapter à l’augmentation de leur population temporaire. Si le COSKAS parvient à organiser un événement d’une telle envergure, la question de l’eau rappelle que le développement des infrastructures doit suivre le rythme des flux humains. Une réflexion qui dépasse Tivaouane et interroge la gestion des villes africaines face aux grands rassemblements religieux ou culturels.

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