La justice gambienne a rendu un verdict sévère contre Muhammed Jassey, un maître coranique reconnu coupable de viols sur un élève de 13 ans au sein de son établissement. Cette condamnation à dix ans de prison souligne les enjeux critiques liés à la protection des mineurs dans les structures d'enseignement traditionnel.
Un système de prédation méthodique
Le tribunal de Brusubi a mis en lumière la préméditation dont faisait preuve l'enseignant. Selon les éléments exposés par le juge Jallow, Muhammed Jassey organisait ses agressions en ciblant des moments spécifiques, notamment tôt le matin ou lorsque la victime était isolée des autres élèves. Le condamné utilisait son autorité pour dissimuler ses actes, allant jusqu'à justifier les tentatives de fuite de l'enfant par une prétendue paresse, tout en exerçant des pressions psychologiques et des menaces physiques pour empêcher toute dénonciation.
Des sévices confirmés par l'expertise médicale
L'enquête a révélé une réalité brutale, étayée par des preuves médicales attestant de pénétrations anales et de lésions corporelles sur le jeune garçon. Le magistrat a également souligné le traumatisme psychologique infligé à la victime, qui était systématiquement ramenée de force au daara après chaque tentative d'évasion. Pour humilier l'enfant et asseoir son emprise, le maître coranique procédait publiquement au rasage de ses cheveux devant ses camarades, une pratique visant à briser toute velléité de résistance.
Sanctions pénales et prise en charge de la victime
Au-delà de la peine d'emprisonnement de dix ans, le tribunal a imposé au condamné une amende de 400 000 dalasis, reconnaissant le degré élevé de culpabilité et l'ampleur du préjudice subi par l'élève. La justice a également ordonné au département de la protection sociale d'intervenir immédiatement pour fournir un soutien psychosocial nécessaire à la reconstruction de la victime. Cette décision judiciaire marque une étape importante dans la reconnaissance des violences commises au sein des daaras et rappelle l'obligation de protection incombant aux responsables d'institutions éducatives.