Gallimard reprend sa place au Salon du livre d'Alger après l’interdiction liée au Goncourt d’Houris

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 3 lectures
Gallimard reprend sa place au Salon du livre d'Alger après l’interdiction liée au Goncourt d’Houris

Après deux années d’exclusion, l’éditeur français Gallimard est de nouveau présent au Salon international du livre d’Alger, un événement culturel majeur qui a rouvert ses portes au public jeudi.

Un retour inattendu sans explication officielle

Les organisateurs du salon n’ont pas communiqué les raisons précises de la réintégration de Gallimard, qui avait été écarté des éditions 2024 et 2025 à la suite de la polémique autour du roman Houris de Kamel Daoud. Le salon, point de convergence des acteurs littéraires algériens, a ainsi accueilli l’éditeur français parmi les exposants, marquant une rupture avec la décision antérieure.

Contexte judiciaire et médiatique du roman « Houris »

Publié en 2024, Houris a reçu le prix Goncourt, la plus haute distinction littéraire française, mais a été interdit de diffusion en Algérie. Le livre, qui raconte le destin d’une jeune femme muette après qu’un islamiste lui a tranché la gorge le 31 décembre 1999, a déclenché des procédures judiciaires dans les deux pays. Une Algérienne, Saada Arbane, accuse Daoud d’avoir exploité des informations confidentielles confiées à sa psychothérapeute, Aïcha Dahdouh, épouse de l’écrivain. Dahdouh, poursuivie en Algérie pour violation du secret médical, nie toute faute professionnelle. Le tribunal d’Oran a reporté son délibéré, laissant la décision en suspens.

Conséquences pour la liberté d’expression et les relations franco‑algériennes

Kamel Daoud, résidant en France et interdit de séjour en Algérie, a annoncé en avril une condamnation à trois ans de prison ferme dans son pays natal, ainsi que deux mandats d’arrêt internationaux. Ces éléments illustrent les tensions entre la liberté artistique et les cadres juridiques algériens. Le retour de Gallimard au salon pourrait être perçu comme un signal de réouverture du dialogue culturel, mais il soulève également des interrogations sur la capacité des institutions à concilier respect des droits d’auteur, protection de la vie privée et liberté d’expression dans un contexte post‑colonial sensible.

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