Dans le cadre de la précampagne présidentielle, Gabriel Attal a dévoilé un projet visant à approfondir l'intégration européenne par la formation d'un noyau dur de pays volontaires. L'objectif affiché est de transformer l'Union en une puissance économique mondiale capable de rivaliser avec les États-Unis et la Chine en surmontant la fragmentation actuelle des marchés nationaux.
Vers une fusion des économies européennes
Le projet de Gabriel Attal repose sur la constitution d'une avant-garde d'États membres prêts à harmoniser leurs politiques économiques. L'ancien Premier ministre propose de lever une vingtaine de barrières structurelles qui entravent aujourd'hui la compétitivité du continent. Cela inclut un rapprochement des fiscalités des entreprises, une coordination accrue des politiques industrielles et la mise en commun du financement pour des secteurs stratégiques comme les biotechnologies, l'énergie et les technologies de pointe.
Lutter contre le décrochage technologique et industriel
L'enjeu central est de mettre fin à ce que le candidat qualifie de « vassalisation » économique. En s'appuyant sur les conclusions du rapport Draghi, le projet souligne que la fragmentation réglementaire et fiscale empêche les entreprises européennes d'atteindre une taille critique face à leurs concurrents mondiaux. Alors que les États-Unis et la Chine bénéficient de marchés intérieurs homogènes, les entreprises européennes doivent composer avec 27 systèmes administratifs distincts, un facteur identifié comme une cause majeure de la faiblesse de la productivité européenne.
Un levier pour la prospérité et le pouvoir d'achat
Au-delà de la stratégie géopolitique, cette intégration est présentée comme une réponse structurelle aux préoccupations liées au pouvoir d'achat. En favorisant l'émergence d'un marché continental unifié, le projet ambitionne d'attirer davantage d'investissements et de stimuler la croissance. L'idée est qu'une économie plus intégrée générera des gains de productivité substantiels, se traduisant, à terme, par une hausse de la prospérité globale et des salaires au sein des pays membres.
Le défi de la volonté politique européenne
La mise en œuvre de cette stratégie dépendra de la capacité de la France à convaincre ses partenaires européens. Le calendrier politique est jugé opportun par le camp d'Attal, avec le renouvellement attendu de dix exécutifs européens d'ici 2027. Toutefois, la réussite de cette initiative reste conditionnée à la volonté réelle des États volontaires de déléguer une partie de leur souveraineté fiscale et budgétaire, un point qui demeure le principal défi de cette ambition d'« États-Unis d'Europe ».