Le candidat Renaissance à l'élection présidentielle, Gabriel Attal, a dévoilé son projet économique visant à transformer le modèle français en un « capitalisme de l'innovation ». Ce programme, articulé autour de trois ruptures majeures, ambitionne de faire de la France la première puissance économique d'Europe d'ici dix ans en misant sur la productivité et la souveraineté technologique.
Une refonte institutionnelle et budgétaire
Face à la menace d'une crise de la dette, le candidat propose un rétablissement rigoureux des comptes publics, incluant un frein d'urgence de 20 milliards d'euros dès 2027 et un plan d'économies de 150 milliards sur le quinquennat. Sur le plan structurel, il préconise un « choc de simplification » visant à réduire d'un quart la charge administrative des entreprises et à instaurer une stabilité fiscale sur dix ans. L'une des mesures les plus marquantes concerne le droit du travail, avec le remplacement du Code actuel par une « Constitution du travail » simplifiée, déléguant les détails opérationnels à la négociation collective.
Priorité à la production et à l'emploi
Gabriel Attal souhaite réorienter l'économie française vers la production plutôt que la consommation. Pour accroître le taux d'emploi, il prévoit une réforme de l'assurance-chômage et une réorientation des exonérations de cotisations sociales vers les jeunes et les seniors. Le candidat mise également sur l'épargne des ménages pour financer l'investissement productif, notamment via le développement de fonds de pension. Parallèlement, un plan massif de formation à l'intelligence artificielle pour 20 millions de salariés est envisagé, avec pour objectif d'augmenter la productivité et, mécaniquement, les salaires nets.
Souveraineté et planification stratégique
La troisième rupture repose sur la réduction des dépendances stratégiques de la France et de l'Europe. Le projet inclut le plan « Messmer 2 » pour l'indépendance énergétique, ainsi que des investissements dans le cloud souverain et les systèmes de paiement européens. Cette stratégie s'appuie sur une planification décennale ciblant cinq filières clés : l'IA, le quantique, les biotechnologies, le spatial et la défense. Enfin, le candidat réitère son ambition de bâtir des « États-Unis d'Europe » pour renforcer l'intégration économique et peser face aux puissances américaine et chinoise.