La course à l’Élysée en 2027 s’annonce plus incertaine que jamais. Selon un sondage Harris Interactive/Toluna pour M6 et RTL, le bloc central, traditionnellement perçu comme un rempart contre l’extrême droite et la gauche radicale, voit ses candidats s’effacer face à la dynamique de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Gabriel Attal, candidat de Renaissance, assume désormais l’absence de favori dans son camp, tandis qu’Édouard Philippe, son rival d’Horizons, perd du terrain.
Un sondage qui rebat les cartes du bloc central
Le dernier sondage Harris Interactive/Toluna pour M6 et RTL, publié fin août 2026, révèle une recomposition des forces au sein du bloc central. Édouard Philippe, longtemps présenté comme le principal rival d’Attal, chute de trois points en un mois et se retrouve à 17 %, au coude à coude avec Jean-Luc Mélenchon (17 % également) si ce dernier était le candidat unique de la gauche radicale. Gabriel Attal, lui, stagne à 15 %, loin derrière les deux leaders d’extrême droite et de gauche radicale, Marine Le Pen (30 %+) et Mélenchon (30 %+).
Cette situation pousse Attal à reconnaître, lors d’une interview sur LCI, qu’« il n’y a plus de favori » dans le bloc central. Une déclaration qui marque un tournant dans la campagne, où la stratégie de Philippe, axée sur un retour aux clivages traditionnels gauche-droite, semble s’essouffler. Pour Attal, la clé réside désormais dans la capacité à fédérer au-delà des divisions partisanes, un espace qu’il juge « beaucoup plus large » que celui de son rival.
Marine Le Pen et Mélenchon, les deux locomotives qui tirent leur épingle du jeu
Le sondage confirme la montée en puissance des deux figures les plus polarisantes de la scène politique française. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, et Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, dominent largement le premier tour avec des scores dépassant les 30 %. Leur succès s’explique, selon Attal, par « un récit et une vision » qui répondent aux attentes d’une partie de l’électorat, contrairement aux candidats du bloc central, perçus comme moins porteurs d’un projet fédérateur.
Cette dynamique inquiète particulièrement l’entourage d’Attal, qui estime qu’Édouard Philippe « est en train de perdre son pari d’être le rempart au premier tour face à Mélenchon et au second tour face à Le Pen ». Une analyse qui souligne l’urgence pour le bloc central de se réinventer avant 2027, sous peine de voir ses candidats marginalisés dès le premier tour.
Attal mise sur le rassemblement, Philippe sur les clivages
Face à cette fragmentation, Gabriel Attal mise sur une stratégie de large alliance, espérant que les débats de l’année 2026 permettront de dégager un candidat unique du bloc central « le mieux placé » début 2027. Une approche qui contraste avec celle d’Édouard Philippe, dont le positionnement, jugé trop ancré dans les clivages traditionnels, peine à séduire au-delà de son électorat historique.
Malgré leurs divergences, Attal assure entretenir d’« excellents rapports » avec Philippe, ancien Premier ministre comme lui sous Emmanuel Macron. Les deux hommes, qui partagent une expérience gouvernementale commune, pourraient-ils finalement s’unir pour éviter une défaite cuisante en 2027 ? La question reste ouverte, mais le temps presse : les sondages actuels laissent peu de place à l’improvisation.