Gabon : trois ans après le coup d’État, Oligui Nguema célèbre la « libération » et relance Makokou, bastion de l’opposition

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 84 lectures
Gabon : trois ans après le coup d’État, Oligui Nguema célèbre la « libération » et relance Makokou, bastion de l’opposition

Le Gabon célèbre ce 30 août 2026 le troisième anniversaire du coup d’État militaire de 2023, transformé en fête nationale sous le nom de « jour de la libération ». À la veille de cette commémoration, le président Brice Oligui Nguema a réaffirmé l’héritage de cette transition politique, tout en recentrant les célébrations à Makokou, ville symbolique de l’opposition et fief de son principal détracteur, Alain Bilie By Nze, actuellement incarcéré.

Un discours axé sur la « réussite » post-transition

Dans son allocution télévisée, Brice Oligui Nguema a salué le rôle des militaires dans la chute du régime Bongo, sans jamais évoquer directement son prédécesseur, Ali Bongo. Le chef de l’État a insisté sur l’ampleur des réformes engagées depuis 2023, évoquant une nouvelle Constitution, une loi électorale révisée, un code électoral actualisé et une législation sur les partis politiques. « Le 30 août nous a rendu la liberté de choisir, mais il nous impose désormais le devoir de réussir », a-t-il déclaré, soulignant que la « libération » dépassait le cadre institutionnel pour corriger les « dérives » de l’ancien système.

Makokou, vitrine des investissements post-coup d’État

Pour la première fois depuis 2023, les célébrations officielles se tiennent à Makokou, dans la province de l’Ogooué Ivindo, région natale d’Alain Bilie By Nze. Cette localisation n’est pas anodine : l’opposant, emprisonné depuis des années pour une dette fiscale de 5 millions de francs CFA (7 620 euros), est perçu comme une figure emblématique de la résistance au régime actuel. Son parti dénonce une « instrumentalisation politique » de son incarcération, tandis que des citoyens espéraient sa libération à l’occasion de cette fête nationale.

Les autorités ont profité de l’événement pour mettre en avant les infrastructures rénovées ou nouvellement construites à Makokou : voiries urbaines modernisées, bâtiments publics réhabilités et équipements publics. Une parade militaire a également marqué la journée, en présence des plus hautes autorités du pays.

Entre symboles et tensions persistantes

Le choix de Makokou comme épicentre des commémorations envoie un double message. D’une part, il consacre la volonté du régime de marquer symboliquement son ancrage territorial, notamment dans une région où l’opposition reste influente. D’autre part, il rappelle la stratégie de légitimation du pouvoir actuel, qui se présente comme l’héritier d’un mouvement de « libération » nationale, tout en maintenant sous pression ses détracteurs.

Alors que le Gabon entre dans sa quatrième année de transition, les célébrations du 30 août 2026 illustrent à la fois les avancées institutionnelles revendiquées par Oligui Nguema et les défis persistants, notamment en matière de libertés politiques et de réconciliation nationale.

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