Plus de deux ans après le transfert des actifs d'Addax Petroleum Oil & Gas Gabon (APOGG) à la Gabon Oil Company (GOC), une trentaine d'anciens agents de la base support se retrouvent sans emploi. Malgré des promesses de recrutement et des recours administratifs, ces travailleurs dénoncent une exclusion persistante de la société nationale des hydrocarbures.
Un contentieux social lié à la reprise des actifs
Le conflit trouve sa source dans la transition opérée en mars 2024, lorsque l'État gabonais a récupéré le permis Obangue-Dinonga Irongu à l'expiration des autorisations d'Addax Petroleum. Si une partie du personnel affecté aux sites de production a été absorbée par la GOC, les agents de la base support, licenciés pour motif économique entre avril et juin 2024, ont été laissés pour compte. Ces derniers s'appuient sur l'article 60 du Code du travail pour revendiquer une priorité d'embauche, arguant de leur parfaite connaissance des installations et des procédures opérationnelles.
Des promesses de recrutement restées sans suite
Le collectif des anciens salariés pointe du doigt le décalage entre les engagements de la direction générale de la GOC et la réalité du terrain. En juillet 2024, la direction avait pourtant évoqué un état des postes vacants pour envisager une campagne de recrutement. En septembre de la même année, l'ancien Administrateur directeur général, Marcellin Simba Ngabi, avait précisé que l'intégration du personnel support devait faire l'objet d'entretiens spécifiques. À ce jour, les anciens agents affirment n'avoir reçu aucune réponse concrète, alors que la GOC aurait procédé à plus d'une centaine de recrutements massifs dans d'autres secteurs.
L'enjeu de la valorisation des compétences nationales
Au-delà de leur situation individuelle, ces travailleurs soulignent une perte d'expertise pour la GOC. Ils estiment que leur expérience constitue un avantage comparatif majeur pour le fonctionnement optimal des champs pétroliers repris. Pour ces agents, la transition vers une gestion nationale des ressources aurait dû être l'occasion de sanctuariser les compétences locales déjà formées. Le blocage actuel, malgré les démarches entreprises auprès des autorités, laisse ces professionnels dans une impasse, alors que la société nationale poursuit le déploiement de ses activités sur les sites anciennement opérés par Addax.