Gabon : Frank Nguéma exige le recouvrement des 1700 milliards de FCFA identifiés par la Cour des comptes

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 71 lectures
Gabon : Frank Nguéma exige le recouvrement des 1700 milliards de FCFA identifiés par la Cour des comptes

Le Gabon fait face à une alerte majeure sur la gestion de ses finances publiques après qu'un rapport de la Cour des comptes a révélé un manque à gagner de 1700 milliards de FCFA pour l'exercice 2026. Face à cette situation, l'ancien ministre Frank Nguéma appelle à une action judiciaire rigoureuse pour recouvrer ces fonds et garantir la protection des mécanismes de solidarité nationale.

Un impact direct sur les investissements publics

Le montant identifié par la Cour des comptes, sous la direction du juge Alex Euv Moutsiangou, représente une part significative des ressources de l'État. Selon les calculs de Frank Nguéma, ces 1700 milliards de FCFA équivalent à environ 31 % du budget rectifié de l'État pour 2026 et à près de 80 % du budget d'investissement public. Cette situation soulève des questions cruciales sur la capacité du pays à financer ses projets de développement et à maintenir une orthodoxie financière indispensable à la stabilité économique.

La vulnérabilité des dispositifs sociaux

L'enjeu dépasse le cadre comptable pour toucher directement les populations les plus fragiles. Les irrégularités relevées concernent des secteurs vitaux tels que la sécurité sociale, les évacuations sanitaires et la CNAMGS. Pour l'ancien député d'Akanda, ces fonds ne sont pas de simples lignes budgétaires, mais des ressources destinées à la solidarité nationale. Il insiste sur le fait que la mauvaise gestion de ces sommes compromet l'accès aux soins et le soutien aux familles en difficulté, transformant une défaillance administrative en une crise sociale potentielle.

Vers une réforme de la gouvernance financière

Pour répondre à ces manquements, Frank Nguéma préconise une série de mesures correctives et préventives. Il appelle à l'accélération de la mise en place du Registre social national unifié et à la digitalisation des aides sociales pour limiter les risques de détournement. Parmi ses propositions figurent également la création d'un Fonds national de lutte contre la pauvreté soumis à un audit annuel et un renforcement du contrôle des paiements effectués par la CNAMGS. Ces recommandations visent à transformer la volonté politique affichée par le chef de l'État, Brice Clotaire Oligui Nguéma, en une méthode de gouvernance pérenne où chaque gestionnaire public doit répondre de ses actes.

L'exigence de suites judiciaires

Au-delà des audits, l'ancien ministre souligne l'impératif de clore le processus par des sanctions effectives. Il insiste sur la nécessité de recouvrer les sommes dues à l'État après les décisions judiciaires définitives. Pour lui, la lutte contre l'impunité et la corruption ne peut être efficace que si les contrôles débouchent sur des résultats concrets, garantissant ainsi aux citoyens que l'argent public est effectivement utilisé pour le bien commun.

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