Le géant technologique Fujitsu a franchi une étape décisive dans la course à l'informatique quantique en dévoilant le premier prototype mondial utilisant des centres lacune-étain (SnV) au sein de circuits intégrés photoniques. Cette innovation, fruit d'une collaboration avec l'université de technologie de Delft et QuTech, ouvre la voie à une architecture modulaire plus flexible et performante pour le calcul haute performance.
L'avantage stratégique des centres lacune-étain
Contrairement aux approches classiques utilisant des centres azote-lacune, Fujitsu a opté pour l'étain en raison de sa symétrie structurelle supérieure. Ces centres SnV offrent une meilleure résistance aux perturbations externes, permettant une stabilité accrue des qubits logiques. Cette technologie permet également un fonctionnement à une température de -271,6 °C, une prouesse thermique qui facilite l'exploitation pratique de la machine par rapport aux systèmes supraconducteurs traditionnels.
Une ingénierie de précision à l'échelle nanométrique
La réalisation de ce prototype repose sur deux avancées majeures en ingénierie des matériaux. Fujitsu a mis au point une technique d'amincissement inédite, réduisant l'épaisseur des substrats de diamant de plusieurs centaines de micromètres à quelques centaines de nanomètres. Ces cristaux sont ensuite intégrés dans des guides d'ondes en alumine, permettant une extraction efficace des photons uniques. Ce processus complexe, réalisé en partenariat avec l'université de Tokyo, garantit une connectivité optique optimale entre les différents composants du système.
Vers une montée en puissance d'ici 2035
Ce prototype n'est qu'une étape dans une feuille de route ambitieuse établie par Fujitsu et ses partenaires académiques. Dès 2027, l'entreprise prévoit de concevoir un système composé de plusieurs modules interconnectés, tout en explorant des méthodes d'hybridation avec les technologies supraconductrices. L'objectif à long terme est clairement défini : atteindre une capacité de 250 qubits logiques à l'horizon 2030, pour viser le cap des 1000 qubits d'ici 2035. Pour les utilisateurs, Fujitsu promet une accessibilité simplifiée grâce à sa plateforme logicielle dédiée, évitant ainsi la nécessité d'une expertise technique spécialisée pour piloter ces nouveaux systèmes.