L'Independent Corrupt Practices and Other Related Offences Commission (ICPC) a officiellement disculpé Femi Gbajabiamila, chef de cabinet du président nigérian, dans le scandale de la création de la Presidential Foreign Investment Promotion Council (PFIPC). Cette structure, qui s'est révélée être une agence fantôme sans existence légale, était parvenue à infiltrer plusieurs rouages de l'État grâce à un système sophistiqué de falsification de documents officiels.
Une imposture démasquée par l'enquête
L'enquête de l'ICPC, diligentée sur ordre du président Bola Tinubu, conclut à l'absence totale de lien entre le bureau du chef de cabinet et Adeniyi Adeyemi, l'homme à l'origine de cette supercherie. Les investigations révèlent qu'Adeyemi a personnellement contrefait des lettres de nomination en utilisant des en-têtes de la présidence falsifiés et en imitant la signature de M. Gbajabiamila. Les analyses graphologiques et forensiques ont confirmé que les documents, dépourvus des éléments de sécurité officiels, émanaient exclusivement de l'accusé.
Les failles béantes de la bureaucratie fédérale
Au-delà de la culpabilité individuelle d'Adeniyi Adeyemi, le rapport de l'ICPC met en lumière des défaillances critiques dans les procédures de vérification au sein des institutions fédérales. La PFIPC avait réussi à obtenir des locaux au secrétariat fédéral, à ouvrir des comptes bancaires auprès de la Banque centrale du Nigeria et à obtenir le déploiement de fonctionnaires, le tout sans qu'aucune autorité ne vérifie la légalité de son existence. Cette absence de contrôle rigoureux a permis à une entité fictive de se faire passer pour un organe gouvernemental légitime pendant une période prolongée.
Extension du scandale et mesures correctives
La découverte de cette fraude a entraîné des répercussions en cascade. L'ICPC a identifié une seconde structure suspecte, le « National Brands Development and Made in Nigeria Special Project Office », opérant au sein même du secrétariat du gouvernement. En réponse, le président Tinubu a ordonné la suspension de trois secrétaires permanents et l'arrestation de George Buchi Nwabueze, le promoteur présumé de cette seconde entité. Ces événements soulignent l'urgence pour l'administration nigériane de renforcer ses mécanismes de contrôle interne et de sécurisation de ses correspondances officielles pour prévenir toute nouvelle usurpation d'identité institutionnelle.