Une enquête approfondie met en lumière l'usurpation de titre académique d'Anthony Kila, actuel pro-chancelier de l'université Michael et Cecilia Ibru (MCIU) au Nigeria. Alors qu'il siège à la tête du conseil d'administration de l'institution, les preuves démontrent qu'il n'a jamais obtenu le rang de professeur, ni dans son pays ni à l'international.
Une imposture aux ramifications internationales
Anthony Kila se présentait publiquement comme un « professeur de stratégie et de développement Jean Monnet », un titre prestigieux lié aux programmes de l'Union européenne. Cependant, l'Agence exécutive européenne pour l'éducation et la culture a confirmé qu'il n'a jamais été coordinateur de projet Jean Monnet. Plus grave encore, l'institution qu'il cite comme source de son professorat, le European Centre for Advanced and Professional Studies (ECAPS), s'avère être une entité inexistante, sans existence légale ni présence physique vérifiable.
Des qualifications académiques sous haute suspicion
Au-delà du titre de professeur, les antécédents académiques de M. Kila présentent des incohérences majeures. Ses profils en ligne, notamment sur les sites de la MCIU et du Commonwealth Institute of Advanced and Professional Studies (CIAPS), ont été modifiés ou rendus inaccessibles suite aux premières sollicitations des enquêteurs. Les diplômes revendiqués par l'intéressé contredisent ses propres biographies antérieures, et son profil Google Scholar contient des publications qui ne lui appartiennent pas. Aucune trace de travaux évalués par des pairs dans des revues académiques reconnues n'a pu être établie.
L'intégrité de la gouvernance universitaire en question
En tant que pro-chancelier, Anthony Kila occupe une fonction stratégique supervisant l'administration, les finances et la mise en œuvre des politiques de l'université MCIU. La direction de l'université, contactée pour commenter ces révélations, a déclaré ne disposer d'aucune preuve contredisant le statut de professeur revendiqué par M. Kila, refusant d'engager un débat sur le fond. Cette situation soulève des inquiétudes légitimes sur les processus de nomination et de vérification des antécédents au sein des instances dirigeantes des établissements d'enseignement supérieur nigérians, alors que les normes de la Commission nationale des universités exigent des parcours rigoureux et validés par des pairs pour accéder au rang de professeur.