La justice sénégalaise a ouvert une procédure judiciaire à Tambacounda suite à la découverte d'un système de fraude à l'état civil impliquant l'obtention illégale d'une carte nationale d'identité. Trois individus, dont un ressortissant mauritanien, ont été déférés devant le procureur de la République pour des faits de faux, d'usage de faux et de complicité.
Le mécanisme de la fraude identitaire
L'affaire a éclaté lorsqu'un homme, se présentant initialement sous l'identité de Mactar Dicko, a été confondu par les services de police de Tambacounda. Les vérifications ont révélé que le suspect, de nationalité étrangère, avait réussi à obtenir des documents officiels sénégalais en s'appuyant sur un jugement d'inscription rendu en 2025. Lors de son audition, l'intéressé a reconnu avoir sollicité l'aide d'un intermédiaire local, identifié comme D. M., pour faciliter ses démarches administratives moyennant une rémunération financière.
Le rôle des intermédiaires et des témoins
Les investigations policières ont mis en lumière un réseau complexe de complicités. D. M., l'intermédiaire, a admis avoir reçu des fonds pour constituer le dossier et avoir fourni sa propre pièce d'identité en tant que témoin pour valider la demande. De son côté, Hameth Dicko, également impliqué, conteste les faits, affirmant que son document d'identité avait été emprunté à son insu pour de simples photocopies, tout en niant tout lien de filiation avec le bénéficiaire principal de la fraude.
Un contexte de surveillance accrue
Cette interpellation s'inscrit dans un climat de vigilance renforcée des autorités sénégalaises face aux trafics de documents administratifs. En janvier 2026, un vaste réseau de vente frauduleuse d'actes d'état civil avait déjà été démantelé à Tambacounda, avec la saisie de 219 photocopies de cartes nationales d'identité. Ces événements successifs soulèvent des questions persistantes sur l'intégrité des procédures de transcription des jugements au sein de certaines mairies, alors que les enquêteurs continuent d'analyser les pièces saisies, notamment l'acte d'état civil n° 2933 issu du jugement n° 6304 de mai 2025.