Une attaque en deux vagues a transformé un centre commercial de Kryvyï Rih en champ de ruines : au moins 16 morts, 130 blessés et neuf disparus. La Russie cible délibérément les civils dans une ville symbolique, celle du président Zelensky, alors que les frappes de drones s’intensifient des deux côtés du front.
Une ville sous le feu, symbole de la stratégie russe
Kryvyï Rih, septième ville d’Ukraine avec près de 560 000 habitants, est désormais le théâtre d’une attaque d’une violence inédite. Les frappes russes, menées en deux vagues à une demi-heure d’intervalle, ont d’abord visé le centre commercial avant de s’acharner sur les secours arrivés sur place. Le bilan, encore provisoire, s’alourdit : 16 morts confirmés, dont des enfants parmi les 130 blessés, et neuf personnes toujours portées disparues. Le gouverneur de la région de Dnipropetrovsk, Oleksandre Ganja, évoque 63 hospitalisations, dont 29 dans un état critique.
Cette ville n’est pas un hasard. Berceau du président ukrainien Volodymyr Zelensky et de son épouse Olena, Kryvyï Rih incarne une cible à la fois stratégique et symbolique. Pour les analystes, comme Ulrich Bounat cité par les médias, ces attaques relèvent d’une « terreur planifiée » : « Les Russes cherchent à rendre la vie impossible aux civils, soit pour les pousser à l’exode, soit pour fragiliser le moral de la population. »
L’Union européenne accuse Moscou de « dépravation absolue »
La communauté internationale réagit avec fermeté. L’Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie Kaja Kallas, dénonce une « terreur planifiée » orchestrée par Moscou. Sur la plateforme X, elle qualifie les frappes de « démonstration de l’absolue et totale dépravation » de la guerre menée par la Russie. Ces condamnations surviennent alors que les attaques de drones et de missiles s’intensifient des deux côtés de la frontière, transformant les infrastructures civiles en cibles privilégiées.
Les dernières semaines ont vu une multiplication des frappes de longue portée, visant entrepôts logistiques, centres commerciaux et même des bureaux de poste. À Mykolaïv, dans le sud du pays, quatre personnes – dont trois mineurs – ont péri dans l’incendie d’un magasin, d’une pharmacie et d’un bureau de poste, selon les autorités locales. Ces événements illustrent une escalade où la distinction entre fronts militaires et zones civiles s’efface.
La guerre des drones, nouvelle arme de l’Ukraine et de la Russie
Quatre ans et demi après le début de l’invasion, le conflit prend une tournure technologique. L’Ukraine a annoncé en août vouloir produire jusqu’à 10 millions de drones cette année, confirmant son virage vers une guerre où la maîtrise du ciel devient déterminante. Kiev revendique régulièrement des frappes sur des cibles russes, tandis que Moscou multiplie les attaques de drones sur des villes ukrainiennes, faisant des victimes civiles un lot quotidien du conflit.
Cette escalade technologique s’accompagne d’un bilan humain de plus en plus lourd. Les frappes du 21 août à Kryvyï Rih et Mykolaïv ne sont que les dernières d’une série qui, depuis des mois, cible délibérément les populations. Entre production industrielle de drones et stratégie de terreur, la guerre en Ukraine entre dans une phase où la technologie et la brutalité s’entremêlent pour redéfinir les règles d’un conflit déjà dévastateur.