L'ancien président français François Hollande a dévoilé une proposition de réforme des retraites fixant l'âge légal de départ à 63 ans dès 2028. Cette position, détaillée dans son ouvrage à paraître, marque une rupture avec la ligne actuelle du Parti socialiste qui prône un retour à 62 ans, tout en s'inscrivant dans une volonté de rééquilibrage financier du système.
Un mécanisme d'ajustement progressif
Dans son livre-programme intitulé "Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche", François Hollande suggère que l'âge pivot soit corrélé à l'espérance de vie. Concrètement, le député de Corrèze propose d'atteindre le seuil de 63 ans au 1er janvier 2028. Ce dispositif serait complété par un allongement graduel de la durée de cotisation, piloté par un mécanisme d'ajustement confié aux partenaires sociaux. L'ancien chef de l'État privilégie cette approche à l'allongement de la durée de cotisation plutôt qu'au simple report de l'âge légal, tout en se distanciant de la réforme actuelle portée par l'exécutif, qu'il a précédemment combattue.
Leviers de financement et ajustements fiscaux
Pour financer ces mesures et stabiliser le système, l'ancien président avance plusieurs pistes économiques. Il préconise une limitation de l'indexation des pensions à 1 % sur une période de cinq ans, une mesure qu'il estime équivalente au gain financier d'un report d'un an de l'âge de départ. Par ailleurs, il propose une hausse progressive du taux normal de TVA, passant de 20 % à 24 %, tout en instaurant un taux de 0 % sur les produits de première nécessité et l'énergie. Le financement serait également soutenu par une contribution ciblée sur les successions les plus importantes.
Une stratégie politique en attente de décision
Alors que le débat sur les retraites demeure un sujet central de la vie publique française, François Hollande maintient le flou sur ses intentions électorales. Refusant de participer aux primaires du Parti socialiste, il conditionne une éventuelle candidature à une analyse de la situation politique nationale en fin d'année. Son positionnement, qui inclut également une proposition de baisse des cotisations salariales pour rapprocher le salaire net du brut, témoigne d'une volonté de réaffirmer la "politique de l'offre" qu'il avait initiée durant son quinquennat, tout en cherchant à se positionner comme un recours capable de rassembler au-delà des clivages actuels de la gauche.