Le Dr Francis Dayamba incarne une approche rigoureuse de la transition numérique au Burkina Faso, à la croisée de la recherche académique et de l'action publique. Spécialiste de l'économie numérique, il s'attache à dépasser les promesses technologiques pour mesurer les effets réels des investissements TIC sur le développement économique et la gouvernance.
De la théorie économique aux infrastructures nationales
Chercheur à l'Institut des Sciences Sociales (INSS), Francis Dayamba a consacré ses travaux doctoraux aux « effets spillovers » des technologies de l'information et de la communication au sein de l'espace CEDEAO. Cette expertise théorique s'est doublée d'une expérience pratique de cinq ans en tant que conseiller technique au ministère chargé de la Transition digitale. À ce titre, il a notamment supervisé des projets structurants comme la mise en exploitation du backbone national et l'accompagnement de la création de la Banque Postale du Burkina Faso, illustrant le lien indispensable entre connectivité physique et développement économique.
L'intelligence artificielle comme levier de souveraineté
Face à l'émergence de l'intelligence artificielle, le Dr Dayamba prône une appropriation adaptée aux réalités locales. À travers l'association Tech Emerging Africa, il multiplie les initiatives de formation, notamment auprès de la jeunesse, pour concevoir des solutions d'IA répondant aux besoins spécifiques de l'agriculture, de la finance et de la préservation des langues nationales. L'enjeu est clair : ne pas se contenter d'importer des technologies, mais anticiper leurs impacts sur l'emploi et la recherche scientifique nationale.
Une exigence de mesure pour les politiques publiques
Au-delà de l'innovation, Francis Dayamba insiste sur la nécessité d'une évaluation constante des politiques numériques. Qu'il s'agisse de lutter contre la corruption administrative par la dématérialisation ou de stimuler la productivité des entreprises, il plaide pour une approche basée sur les données. En combinant modélisation statistique et analyse de terrain, il aide les décideurs à identifier les conditions dans lesquelles le numérique devient un véritable moteur de croissance, plutôt qu'une simple accumulation d'outils technologiques.
Transmettre les enjeux de l'économie numérique
Son engagement se traduit également par une activité pédagogique intense au sein de plusieurs universités burkinabè. En formant la prochaine génération de cadres aux fondements de l'économie numérique et à la gouvernance des données, il prépare les acteurs locaux à naviguer dans un environnement où l'automatisation et les plateformes redéfinissent les marchés. Cette transmission est essentielle pour garantir que le Burkina Faso puisse transformer les révolutions technologiques en valeur ajoutée durable pour son économie.