Le bilan de la sinistralité au travail en France s'alourdit en 2025, atteignant un niveau inédit. Selon des données relayées par la CGT, le nombre de décès par accident professionnel a franchi la barre des 783 cas, marquant une progression préoccupante par rapport à l'année précédente.
Un bilan humain en constante augmentation
Les chiffres communiqués par le syndicat, issus des données de l'Assurance maladie, font état d'une dégradation continue des conditions de sécurité. Au total, 1 331 décès ont été reconnus en 2025 au titre des risques professionnels, incluant les accidents du travail, les accidents de trajet et les maladies professionnelles. Cette statistique, en hausse de 34 unités par rapport à 2024, souligne l'échec des mesures de prévention actuelles. Il est toutefois nécessaire de noter que ces données restent partielles : elles se concentrent sur les salariés du secteur privé affiliés au régime général, excluant de fait les travailleurs indépendants, les exploitants agricoles et les agents de la fonction publique.
La vulnérabilité accrue des jeunes actifs
Parmi les tendances les plus alarmantes identifiées pour l'année 2025, la surexposition des jeunes travailleurs constitue un enjeu majeur de santé publique. Bien que les moins de 25 ans ne représentent que 11 % de la population salariée, ils concentrent 16 % des accidents du travail. Ce constat renforce l'urgence d'une meilleure intégration des nouveaux arrivants en entreprise, souvent moins formés aux risques spécifiques de leur poste. Parallèlement, le syndicat alerte sur une recrudescence des pathologies liées au stress et à l'épuisement professionnel, dont le nombre a doublé en l'espace de cinq ans.
Vers une nouvelle stratégie de prévention
Face à cette situation, le gouvernement a initié un plan quinquennal pour la période 2026-2030, visant à restructurer la politique de santé au travail. Ce programme ambitionne de cibler plusieurs axes prioritaires, notamment la protection des jeunes recrues, la santé mentale, les impacts des fortes chaleurs et les risques liés aux transformations numériques. Parmi les pistes envisagées, l'expérimentation de signes distinctifs — comme des équipements de protection de couleurs différentes — pour identifier les nouveaux arrivants sur les sites industriels est à l'étude. L'efficacité de ces mesures reste toutefois un point à surveiller, alors que la fréquence des accidents ayant entraîné un arrêt de travail a connu une légère hausse de 0,3 % en 2025.