France : plus de 20 000 friches recensées, dont près de la moitié dans les zones où le logement se fait rare

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 48 lectures
France : plus de 20 000 friches recensées, dont près de la moitié dans les zones où le logement se fait rare

Le Cerema a publié un inventaire partiel qui porte le nombre de friches identifiées en France à 20 250, soit 61 000 hectares, dont près de la moitié se trouvent dans des zones où la demande de logements dépasse largement l’offre. Ces terrains, souvent négligés, représentent un levier potentiel pour répondre à la crise du foncier et limiter la pression sur les espaces naturels.

Un inventaire national révèle plus de 20 000 friches en France

Selon le Centre d’études et d’expertise sur les risques, le recensement s’est achevé le 1 juillet 2026, portant le total à 20 250 friches, contre environ 15 000 en avril 2025. Cette hausse s’explique principalement par le déploiement d’observatoires locaux couvrant aujourd’hui 61 % du territoire, qui ont identifié près de trois quarts des sites. La surface totale occupée par ces terrains est estimée entre 115 000 et 155 000 hectares, alors que la consommation moyenne de terres naturelles pour l’urbanisation s’élève à 21 000 hectares par an depuis 2011.

Concentration des friches dans les zones tendues pour le logement

Les friches d’origine résidentielle constituent la catégorie la plus nombreuse (41 % du nombre de sites) mais les friches industrielles, bien que moins nombreuses (19 %), représentent 47 % de la surface totale. Deux tiers des friches recensées font moins de 0,5 hectare, soit la taille d’un terrain de football, et 71 % se situent en zone urbanisable. Notamment, 48 % des sites sont implantés dans des zones qualifiées de « tendues » pour l’habitat, contre 33 % l’an passé, ce qui souligne leur importance stratégique pour désengorger les marchés immobiliers sous pression.

Vers une reconversion : potentiel résidentiel et industriel

Sur les 13 200 friches encore sans projet, le Cerema estime que 58 % pourraient être réaffectées au logement et 35 % à l’industrie. Déjà, environ 3 600 sites, soit 9 300 hectares, font l’objet d’initiatives de reconversion. La loi Climat et résilience de 2021 définit la friche comme tout bien immobilier inutilisé nécessitant des aménagements ou travaux préalables, offrant ainsi un cadre juridique pour transformer ces espaces en logements, en zones d’activités ou en espaces verts, tout en préservant les sols naturels.

Défis de la rareté foncière et perspectives d’aménagement

Face à la crainte que la rareté du foncier freine les nouveaux projets, les autorités voient dans les friches un « gisement encore peu exploité ». Leur mise en valeur pourrait contribuer à réduire la pression sur les terres agricoles et forestières, tout en répondant aux besoins croissants de logement dans les zones urbaines. Le suivi continu de l’inventaire et la mobilisation des observatoires locaux seront essentiels pour transformer ces terrains en atouts économiques et sociaux, tant pour les collectivités que pour les acteurs privés.

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