Annoncée à 60 millions d'euros début juillet pour adapter les écoles françaises aux vagues de chaleur, l'enveloppe d'urgence a été ramenée à 16 millions d'euros selon plusieurs médias. Les 40 millions restants seraient gelés et réorientés vers un autre dispositif gouvernemental lié à la décarbonation.
Un plan né sous la pression de la canicule de juin
La promesse avait été formulée au plus fort de l'épisode canî de juin, lorsque jusqu'à 4 000 écoles ont été totalement fermées et 11 000 autres contraintes d'aménager leur fonctionnement, selon le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray. Pour répondre à cette crise, l'État avait annoncé un plan d'urgence global d'environ 190 millions d'euros, financé notamment par 80 millions d'euros de contribution supplémentaire d'EDF et 60 millions d'euros issus du Fonds vert. Dans ce cadre, la Banque des territoires, filiale de la Caisse des dépôts, et le programme Actee avaient annoncé le 26 juin vouloir mobiliser conjointement 50 millions d'euros pour l'adaptation climatique de 12 500 écoles.
Des diagnostics aux travaux : ce que le dispositif devait financer
Le mécanisme reposait sur plusieurs paliers. Une première enveloppe de 10 millions d'euros devait être consacrée aux 2 500 écoles jugées prioritaires par le ministère de l'Éducation nationale, pour financer intégralement un diagnostic thermique et des travaux d'adaptation dits « passifs » : brise-soleil, volets, ventilateurs de plafond ou encore isolation. Un montant supplémentaire de 40 millions d'euros devait accompagner 10 000 autres établissements dans les étapes préparatoires aux travaux. Le 8 juillet, lors du lancement du guichet, l'enveloppe avait même été portée à 60 millions d'euros, la Banque des territoires apportant 6 millions et Actee jusqu'à 54 millions selon son directeur Guillaume Perrin.
Une décision prise « fin juillet » par Matignon
C'est fin juillet que Matignon a informé Actee de la réduction du montant consacré au plan canicule à 16 millions d'euros, selon Guillaume Perrin cité par Le Monde et Politico. Les 40 millions d'euros non supprimés mais gelés seraient réaffectés vers un dispositif visant à accélérer la décarbonation de l'économie par l'électrification des usages, notamment via des aides à l'achat de véhicules électriques neufs. Conséquence directe : les 16 millions maintenus serviront uniquement aux diagnostics des 2 500 écoles prioritaires, sans financement de travaux. La Banque des territoires indique de son côté vouloir augmenter sa contribution, sans montant précisé, afin de réaliser des audits dans au moins 2 500 établissements supplémentaires.
Un revirement qui interroge la cohérence climatique
Ce rebudgetage survient alors que la vulnérabilité thermique du parc scolaire français a été documentée tout au long de l'été 2026 : absence de volets, isolation insuffisante, manque de ventilation. En réaffectant les crédits vers l'électrification, le gouvernement argue d'une logique de décarbonation globale, mais les collectivités et les acteurs de l'éducation attendent désormais de savoir si les travaux d'adaptation, et non plus seulement les diagnostics, seront effectivement engagés avant la prochaine vague de chaleur.