En pleine campagne électorale pour le Parti Authenticité et Modernité (PAM), Fouzi Lekjaa a multiplié les annonces à Bouarfa, ciblant prioritairement la baisse du coût de la vie et la refonte des aides agricoles. Le ministre délégué chargé du Budget a profité de ce déplacement dans la province de Figuig pour marquer une rupture nette avec son ancien partenaire gouvernemental, le Rassemblement national des indépendants (RNI), tout en exposant sa vision pour les zones rurales.
Lutte contre la vie chère et les marges excessives
Fouzi Lekjaa a fait du pouvoir d'achat le pilier de son intervention, dénonçant ouvertement les « profits excessifs » réalisés par certains opérateurs économiques. Selon lui, les prix actuels des produits de consommation courante ne sont pas soutenables pour les ménages marocains. Il a rejeté l'argument récurrent qui impute la hausse des prix aux seuls intermédiaires, appelant à une action directe pour ramener les tarifs à des niveaux qu'il qualifie de « raisonnables ».
Réforme des mécanismes de soutien agricole
Le responsable du PAM a longuement abordé les difficultés du monde rural, marquées par les effets persistants de la sécheresse. Il a plaidé pour une refonte des circuits de distribution des aides publiques, afin que les soutiens destinés aux éleveurs parviennent directement aux bénéficiaires sans être captés par des intermédiaires. Lekjaa a également réfuté les accusations de ses adversaires politiques concernant l'exclusion de 2 000 éleveurs dans la province de Figuig, affirmant que son rôle s'est limité à la mobilisation des ressources financières nécessaires par le gouvernement.
Priorités sociales et équité territoriale
Au-delà de l'économie, le discours a mis l'accent sur la protection des populations vulnérables. Le PAM propose de porter la pension minimale de retraite à 3 000 dirhams par mois et de permettre aux veuves de retraités de conserver l'intégralité de la pension de leur conjoint décédé. Sur le plan territorial, Lekjaa a insisté sur la nécessité de réduire les disparités entre les métropoles et les zones rurales, soulignant que le développement doit se mesurer par l'accès effectif à l'éducation, à la santé et aux infrastructures de proximité dans les régions éloignées.
Une rupture politique assumée
Ce meeting a également servi de tribune pour critiquer la gestion du RNI. Fouzi Lekjaa a justifié son adhésion au PAM par une volonté de privilégier l'intérêt national sur le « partage des postes ». Il a accusé son ancien allié de diffuser des « contrevérités » à son sujet, tout en appelant les électeurs à faire preuve de discernement face aux promesses électorales. Ces engagements, qui structurent la campagne du parti à l'horizon 2031, seront soumis au verdict des urnes lors des législatives du 23 septembre.