Le Forum sur les femmes dans les secteurs de la technologie et de l’innovation en Afrique, clôturé le 4 septembre à Nairobi, a confirmé que les femmes occupent entre 23 % et 30 % des postes scientifiques et technologiques sur le continent. Ce déséquilibre, déjà présent dans les écoles, freine l’accès des jeunes Africaines aux carrières d’avenir et constitue un enjeu majeur pour le développement économique et social du continent.
Un constat chiffré : 23 à 30 % des postes occupés par des femmes
Selon une étude du cabinet McKinsey citée lors du forum, la proportion de femmes dans les secteurs des sciences et des technologies varie de 23 % à 30 % à l’échelle africaine. Ce chiffre, nettement inférieur à la moitié, place le continent parmi les régions où l’écart de genre est le plus prononcé dans les métiers à forte valeur ajoutée.
Le Forum de Nairobi : un lieu de convergence pour chercheurs et professionnels
Réuni à Nairobi, le rassemblement a réuni des professionnelles, des chercheuses, des décideurs et des représentants d’institutions publiques et privées. Tous ont souligné que, malgré les avancées récentes, les femmes restent largement sous‑représentées dans les filières scientifiques, tant au niveau académique que professionnel. Les échanges ont permis d’identifier des pistes d’action communes, notamment le renforcement de réseaux de mentorat et la promotion de modèles féminins visibles.
Obstacles structurels dès l’école : stéréotypes, manque de ressources et accès limité
Les participants ont rappelé que les inégalités se construisent très tôt, dès les bancs de l’école. Les stéréotypes de genre, le manque d’infrastructures adaptées aux sciences (laboratoires, matériel informatique) et l’insuffisance de programmes d’encouragement ciblés limitent l’intérêt des jeunes filles pour les disciplines STEM. Sans interventions ciblées, ces freins se traduisent par une moindre inscription aux filières techniques et, à terme, par une faible représentation sur le marché du travail.
Conséquences pour les politiques publiques et le potentiel de croissance du continent
Le déséquilibre de genre dans les secteurs technologiques a des répercussions directes sur l’innovation et la compétitivité de l’Afrique. Les décideurs présents au forum ont insisté sur la nécessité d’intégrer la dimension genre dans les stratégies nationales d’éducation et de développement économique. Des mesures telles que des bourses réservées aux étudiantes, des incitations fiscales pour les entreprises qui embauchent des femmes en R&D, ou encore la création de pôles d’excellence régionaux pourraient contribuer à inverser la tendance.