Le groupe Fortuna Mining officialise son ancrage institutionnel au Sénégal par l'inauguration du siège de sa filiale Boya SA à Dakar. Ce déploiement marque le basculement opérationnel du projet aurifère de Diamba Sud, dans la région de Kédougou, vers une phase d'exploitation commerciale d'envergure.
Un investissement massif pour l'industrie extractive
Le projet, consolidé par l'intégration du site de Boto, représente un engagement financier substantiel estimé entre 150 et 170 milliards de francs CFA. Cette infrastructure vise à transformer le potentiel géologique de la zone orientale du pays en une production industrielle pérenne. Pour les autorités sénégalaises, cette installation constitue un levier de croissance économique, tout en posant les bases d'une exploitation qui se veut désormais plus intégrée au tissu industriel national.
La souveraineté minière au cœur de la stratégie étatique
Lors de l'inauguration, le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar Seck, a réaffirmé la volonté de l'État de reprendre la main sur la gestion des ressources. La politique gouvernementale s'articule autour de deux axes : la souveraineté nationale et l'impératif de transformation locale des matières premières. Le ministère travaille actuellement à la finalisation d'un nouveau code minier et de décrets relatifs au contenu local et aux fonds de réhabilitation, visant à étendre cette dynamique de valorisation aux phosphates et à la filière sidérurgique.
Exigences de transparence et création de valeur
La Chambre des mines du Sénégal et le Comité National de l'ITIE ont profité de cet événement pour souligner les attentes sociétales liées à ce projet. Ousmane Mbaye, président de la Chambre des mines, a insisté sur la nécessité de dépasser le modèle d'extraction brute pour favoriser le développement des entreprises locales et la montée en compétences de la main-d'œuvre sénégalaise. De son côté, l'ITIE a rappelé l'importance de la transparence financière, de la divulgation des contrats et du développement territorial comme conditions sine qua non d'une exploitation minière responsable dans la région de Kédougou.