À Kaolack, le Forokh Thiaya, ce mets emblématique à base de viande de chèvre rôtie, incarne à la fois la richesse culinaire locale et les défis sanitaires liés à la restauration de rue. Dans la station Baba Guèye, au cœur du quartier Léona, les conditions d’exposition et de manipulation des aliments suscitent des inquiétudes, malgré les efforts des autorités et des professionnels pour y remédier.
Les faits essentiels
La station Baba Guèye, située à Kaolack, est un haut lieu de vente du Forokh Thiaya, une spécialité très prisée. Cependant, les conditions d’exposition de la viande rôtie y posent question : des cuves métalliques usées, parfois ouvertes à l’air libre, côtoient des aménagements précaires exposés à la poussière et aux insectes. Les vendeurs manipulent la viande et le pain à proximité des installations de cuisson, sans protection apparente contre les contaminants.
Malgré ces constats, les rôtisseurs affirment respecter les normes sanitaires. Les animaux proviennent du foirail et font l’objet d’un contrôle vétérinaire avant commercialisation, tandis que certains professionnels utilisent des chariots vitrés et fermés pour protéger les aliments. Les autorités sanitaires, via le Service régional de l’Hygiène, assurent effectuer des contrôles réguliers et sensibiliser les vendeurs aux bonnes pratiques d’hygiène.
Pourquoi c'est important
Le Forokh Thiaya représente un pilier de l’économie locale et de la culture gastronomique sénégalaise, mais son mode de préparation et de vente soulève des enjeux sanitaires majeurs. La proximité des aliments avec des sources de contamination potentielles – poussière, insectes, ustensiles non protégés – expose les consommateurs à des risques de maladies d’origine alimentaire. Ces pratiques, si elles persistent, pourraient nuire à la réputation de cette spécialité et, plus largement, à l’image de la restauration de rue au Sénégal.
Les autorités sanitaires et les professionnels reconnaissent ces risques et tentent d’y répondre par des contrôles renforcés et des sanctions contre les abattages clandestins. Cependant, la coexistence entre tradition culinaire et impératifs sanitaires reste un défi complexe à relever.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs éléments méritent une attention particulière dans les prochains mois. D’abord, l’efficacité des mesures de protection mises en place par les vendeurs, comme les chariots vitrés, devra être évaluée. Ensuite, la régularité et la rigueur des contrôles sanitaires, notamment sur les certificats médicaux des manipulateurs d’aliments et la conformité des produits carnés, seront déterminantes pour garantir la sécurité des consommateurs.
Enfin, la réduction des pratiques d’abattage clandestin, bien que significative grâce aux sanctions, devra être maintenue pour éviter tout retour en arrière. Les autorités devront également veiller à ce que les sensibilisations aux bonnes pratiques d’hygiène soient suivies d’effets concrets sur le terrain, afin de concilier tradition et sécurité alimentaire.