Une initiative citoyenne au Burkina Faso offre une formation professionnelle gratuite à des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), renforçant leurs compétences techniques tout en préparant leur avenir après le conflit.
Les faits essentiels
Dix VDP ont reçu une formation de deux mois en froid et climatisation, entièrement financée par un citoyen, Madi Sakandé, fondateur de « New Cold Academy ». Cette formation, habituellement payante (75 000 FCFA), leur a été offerte gratuitement. Les apprenants ont été formés aux fondamentaux de la réfrigération, à l’installation, à l’entretien et aux petites réparations des systèmes de climatisation, avec une approche théorique et pratique incluant des stages en laboratoire et sur le terrain.
L’initiative s’inscrit dans une démarche patriotique lancée en 2023 par Sakandé, qui vise à former 1 000 VDP dans ce domaine. Une première session en 2024 avait déjà permis de former plus de 300 VDP en une journée à Bagré. Pour cette session, 20 places gratuites avaient été proposées, mais seulement 10 VDP ont été sélectionnés. Le promoteur a annoncé la poursuite du projet avec 10 places gratuites réservées aux VDP à chaque nouvelle session, prévoyant ainsi 40 bénéficiaires supplémentaires d’ici la fin de l’année.
Pourquoi c'est important
Cette formation répond à un double enjeu : d’une part, elle renforce les capacités opérationnelles des VDP sur le terrain, notamment en leur permettant de mieux conserver les médicaments et les denrées alimentaires, réduisant ainsi les déplacements logistiques coûteux et chronophages. D’autre part, elle prépare leur réinsertion professionnelle dans un secteur porteur, le froid et la climatisation, où leurs nouvelles compétences pourront être valorisées une fois le conflit terminé.
L’initiative s’aligne également sur une vision plus large de développement économique, portée par Sakandé, qui mise sur la maîtrise du froid pour limiter les pertes post-récolte dans l’agriculture, l’élevage et la pêche. En renforçant les compétences locales, cette formation contribue indirectement à la sécurité alimentaire et à l’autosuffisance du pays.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs éléments restent à suivre pour évaluer l’impact de cette initiative. D’abord, la capacité des VDP à appliquer concrètement les compétences acquises sur le terrain, notamment dans des conditions souvent difficiles. Ensuite, l’évolution du projet : avec 40 places supplémentaires prévues d’ici la fin de l’année, il sera intéressant de vérifier si l’objectif de formation de 1 000 VDP est réalisable et comment il sera financé.
Enfin, la pérennité de cette démarche dépendra de son adoption par d’autres acteurs du secteur privé ou public. Si cette première expérience est concluante, elle pourrait inspirer d’autres initiatives similaires, élargissant ainsi l’accès à des formations professionnelles pour les VDP et d’autres groupes vulnérables.