Un audit forensique accable l’ex-secrétaire exécutif de l’IMCC et son comptable dans une affaire de détournements présumés. Les autorités rejettent les allégations de motivations politiques et insistent sur la rigueur des procédures.
Contexte et révélations de l’audit
L’Inter-Ministerial Coordinating Committee on Decentralisation (IMCC) a confirmé, par communiqué, les conclusions d’un audit forensique pointant la responsabilité de son ancien secrétaire exécutif, Dennis Edward Aboagye, et de l’ex-comptable dans des irrégularités financières. L’enquête, couvrant la période d’août 2022 à février 2025, a identifié des manquements graves : autorisations de paiements non conformes aux procédures, dissimulation de deux comptes bancaires – dont l’un affichant des transactions de plus de 102 millions de cedis – ainsi que des transactions suspectes impliquant des entités comme PNY Investment Limited, BMABA Enterprise et GAPTE.
L’IMCC précise que Aboagye a eu l’opportunité de répondre aux conclusions avant transmission du rapport à l’Economic and Organised Crime Office (EOCO), chargé des poursuites. Les autorités rejettent catégoriquement les accusations de ciblage politique ou de pression pour incriminer des responsables actuels, soulignant que ces revues administratives et financières relèvent de bonnes pratiques de gouvernance.
Les irrégularités reprochées incluent également l’absence de mention des deux comptes bancaires dans les documents officiels de passation de service, ainsi que des soupçons de détournement de fonds publics, blanchiment et fraude. Aboagye, arrêté à son retour au Ghana en juillet 2026, a été libéré sous caution de 50 millions de cedis, assortie de garanties strictes.
Enjeux et suites judiciaires
Les investigations de l’EOCO visent désormais Aboagye et l’ex-comptable Gerald Appiah pour des chefs d’accusation incluant complot de vol, détournement, enrichissement illicite et blanchiment. Aboagye conteste les montants évoqués – notamment les 55 millions de cedis souvent cités –, affirmant que les transactions litigieuses s’élèveraient à environ 9 millions, 5 000 cedis et 5,2 millions pour un marché public. Il évoque une « propagande » et suggère que certaines accusations pourraient relever de différends personnels avec son successeur.
L’IMCC maintient sa position, fondée sur les preuves de l’audit, et appelle à la restitution de documents officiels manquants, notamment des comptes-rendus de passation de service cités par Aboagye dans ses interventions médiatiques. Cette affaire illustre les tensions persistantes autour de la transparence financière dans les institutions ghanéennes, dans un contexte où la lutte contre la corruption reste un défi majeur pour les autorités.