L’Assemblée nationale en mode "contrôle urgent"

Par Rédaction KUMBA 4 min de lecture 27 lectures
L’Assemblée nationale en mode "contrôle urgent"

Un Parlement qui ne lâche rien. Les députés sénégalais viennent de transformer le débat budgétaire en un face-à-face tendu avec l’exécutif. Transparence, dette, fonds politiques : l’hémicycle n’est plus un lieu de discussion technique, mais un tribunal citoyen. Et si le Sénégal entrait enfin dans l’ère de la responsabilité financière ?


Fonds politiques : le scandale qui fuit Dès les premiers échanges, le sujet claque comme un coup de tonnerre : les fonds politiques existeraient-ils sans débat parlementaire ? Thierno Alassane Sall, député, balance les accusations sans filtre. Pour lui, ces mécanismes financiers – évoqués en catimini devant les représentants du peuple – violent la règle sacrée du contrôle démocratique. "Comment des sommes publiques peuvent-elles être gérées en dehors du cadre légal ?" s’interroge-t-il, tandis que les regards se braquent sur le Premier ministre.

Le parlementaire rappelle un échange du 22 mai dernier, où les députés auraient dû être associés aux discussions. Un manque de transparence qui sent le coup de pouce politique. Sall ne cache pas son exaspération : "La démocratie se mesure aussi à la façon dont on gère l’argent des citoyens."


La dette : un piège à éviter ou une fatalité ? Mbaye Dione, autre député, passe à l’arme lourde. La restructuration de la dette, option de dernier recours ? Il doute. Pour lui, ce scénario – déjà évoqué avec le FMI – devrait être tabou, sauf si aucune autre solution n’existe. "Une restructuration, c’est l’admission d’un échec de gestion", lance-t-il, avant d’interpeller le ministre des Finances : Est-ce que le gouvernement envisage toujours cette voie ?

Le député exige des réponses claires. La dette publique, ce n’est pas qu’un chiffre : c’est un choix politique. Et les Sénégalais ont le droit de savoir si leur avenir économique est sacrifié sur l’autel des dettes passées.


Le rapport Mazars : un secret d’État ? Mbaye Dione ne lâche rien : où est le rapport Forvis Mazars ? Ce document, fruit d’une mission d’audit commandée par les autorités, devrait être public, argue-t-il. "Comment justifier de nouvelles dépenses d’expertise si les conclusions précédentes ne sont pas diffusées ?" La question enflamme les débats. La transparence, c’est aussi éviter le gaspillage.

Abdou Mbow, lui, élargit le front. Il dénonce l’opacité sur l’utilisation des fonds publics, citant en exemple les indemnités versées aux victimes des manifestations de 2023. "Qui a décidé de ces montants ? Sous quelles conditions ?" La députée Maïmouna Dièye, ancienne ministre, est pointée du doigt. Une "dette cachée" pèse sur l’État, et personne n’assume.


Un Parlement qui exige des comptes À la fin des débats, un constat s’impose : le débat budgétaire n’a plus rien de technique. Les députés ont transformé la séance en audition publique, exigeant des réponses sur des sujets qui touchent au cœur de la confiance citoyenne.

Fonds politiques, dette, rapports secrets… L’Assemblée nationale envoie un message fort : plus de flou, plus de mensonges. Les institutions sont désormais sous pression. Le gouvernement peut-il encore ignorer ces demandes sans risquer un scandale politique ?


Et maintenant ? Une question qui brûle La transparence financière n’est pas qu’une question de forme. C’est le socle d’une démocratie qui se respecte. Les Sénégalais méritent des réponses claires. Le Parlement les a réclamées – à qui revient la responsabilité de les donner ?

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