Face à un projet de loi de finances 2027 marqué par une exigence d'économies drastiques, les syndicats de la fonction publique française ont lancé un appel à une mobilisation nationale ce mardi 29 septembre. Avec 160 manifestations prévues sur tout le territoire, cette journée constitue un test politique majeur pour le gouvernement, sommé de réduire un déficit public persistant.
L'impératif budgétaire et le gel des salaires
Le gouvernement français, sous la pression d'un déficit public attendu au-delà de 6,5 %, prévoit un effort d'économie de 54 milliards d'euros pour l'exercice 2027. Au cœur de la contestation figure le gel du point d'indice, une mesure visant à générer 2 milliards d'euros d'économies. Les syndicats dénoncent une absence de revalorisation salariale qui perdure depuis 2024, jugeant la situation insoutenable pour les agents. Si le gouvernement souligne que des augmentations individuelles liées à l'ancienneté ou aux primes demeurent possibles, les organisations syndicales réclament une revalorisation globale du traitement de base.
Tensions sociales chez France Travail
L'inquiétude est particulièrement vive au sein de France Travail, où l'ensemble des syndicats appelle à la grève pour la première fois depuis 2018. Les représentants du personnel redoutent la suppression de 400 postes supplémentaires, dans un contexte où l'accompagnement des demandeurs d'emploi devient plus complexe. Cette réduction des effectifs intervient alors que le taux de chômage est remonté à 8,3 % au deuxième trimestre 2026, et que l'intégration de l'intelligence artificielle dans les services suscite des craintes quant à la pérennité des emplois humains.
Une mobilisation aux enjeux multiples
Le mouvement dépasse le cadre strict de la fonction publique d'État, touchant également les secteurs hospitalier, territorial et éducatif. Les syndicats voient dans cette journée une étape symbolique pour alerter le gouvernement sur l'épuisement des services publics. La mobilisation rappelle celle de décembre 2024, qui avait contraint l'exécutif à reculer sur certaines réformes, notamment concernant les jours de carence. Les organisations syndicales n'excluent pas de durcir le ton ou de prolonger le mouvement si leurs revendications ne sont pas prises en compte lors des débats budgétaires à venir.