Le déploiement des marchés « 24 heures » au Ghana, présenté comme un pilier de la stratégie économique nationale, est aujourd'hui au cœur d'une controverse sur sa gouvernance. Alors que le gouvernement revendique ce projet comme une réalisation phare, le manque de clarté sur son pilotage administratif et budgétaire soulève des inquiétudes légitimes quant à la responsabilité publique.
Une divergence entre communication politique et documents officiels
Depuis janvier, le gouvernement ghanéen a lancé la construction de marchés fonctionnant en continu dans onze municipalités et districts de la région du Haut-Ouest. Ces infrastructures sont officiellement présentées comme l'incarnation de l'agenda « 24-Hour Economy ». Pourtant, le document de référence du programme, un rapport de 287 pages émanant de la présidence, ne mentionne aucun projet de construction de marchés à l'échelle nationale. La seule référence explicite concerne le développement de marchés de poissons dans le cadre de la chaîne de valeur halieutique, contredisant ainsi la portée globale attribuée à ces chantiers dans le discours public.
Le désaveu du secrétariat présidentiel
La confusion s'est accentuée le 19 août dernier lorsque Goosie Tanoh, conseiller présidentiel en charge de l'économie 24h/24, a publiquement nié toute implication de son institution dans ces projets. Il a affirmé que le secrétariat n'avait aucune compétence en matière de développement d'infrastructures commerciales. Le conseiller a précisé que la responsabilité incombait au ministère du Gouvernement local et que le financement provenait du Fonds commun des assemblées de district (District Assemblies Common Fund).
Enjeux de responsabilité et contentieux juridiques
Cette déconnexion entre le discours politique et la réalité administrative pose un problème de redevabilité, particulièrement face aux conséquences locales des travaux. Le secrétariat présidentiel, cité dans des procédures judiciaires liées à des démolitions de marchés, cherche actuellement à se retirer des dossiers. Cette situation interroge sur la transparence de l'utilisation des fonds publics. Les citoyens et les instances de contrôle parlementaire sont désormais confrontés à une question centrale : qui autorise ces projets et qui répond des impacts sociaux et financiers lorsque les promesses de transformation se heurtent à la réalité des contentieux sur le terrain ?