L'entreprise américaine Flock Safety, spécialisée dans les caméras de lecture de plaques d'immatriculation, fait face à une remise en question croissante de sa communication sur l'origine de ses produits. Alors que la firme vantait autrefois une fabrication intégralement réalisée aux États-Unis, ses récents supports marketing ont supprimé toute mention géographique précise, alimentant les doutes sur sa chaîne d'approvisionnement mondiale.
Une stratégie de communication en retrait
Pendant plusieurs années, Flock Safety a mis en avant le label « Made in the USA » pour promouvoir ses dispositifs de surveillance. Cependant, cette rhétorique a progressivement disparu des documents officiels de l'entreprise. Cette évolution coïncide avec une montée en puissance des critiques publiques concernant l'utilisation de ses technologies par les forces de l'ordre. Certains partenaires industriels, comme East West Manufacturing, ont également retiré les références à Flock de leurs sites web, renforçant l'opacité autour de l'assemblage final des équipements.
Dépendance aux composants mondiaux
Si Flock affirme que ses produits sont conformes à la loi américaine sur l'autorisation de la défense nationale (NDAA), les données d'importation révèlent une réalité plus complexe. L'entreprise s'appuie sur des composants « banalisés » provenant de fournisseurs internationaux, notamment Primax Electronics, une société basée à Taïwan disposant d'usines en Chine et en Thaïlande. Le PDG Garrett Langley a lui-même admis par le passé que la valeur ajoutée de l'entreprise résidait davantage dans l'agrégation et le conditionnement de pièces standardisées que dans une production locale exclusive.
Enjeux de sécurité et de gouvernance
Au-delà de la localisation des usines, les experts en libertés publiques soulignent que le débat sur le « Made in USA » occulte des enjeux de gouvernance plus critiques. L'absence de transparence sur la provenance des composants empêche toute vérification réelle de la sécurité de la chaîne d'approvisionnement. Pour les organisations de défense des droits civiques, le lieu d'assemblage est secondaire face à l'absence de garde-fous sur l'usage des données collectées, qu'il s'agisse du suivi des déplacements des citoyens ou du partage d'informations avec les autorités migratoires.
Le défi de la production locale pour les drones
Flock tente toutefois de sécuriser sa chaîne de valeur sur ses nouveaux segments, notamment les drones de surveillance. Face aux restrictions fédérales pesant sur les technologies étrangères, l'entreprise a inauguré une unité d'assemblage à Smyrna, en Géorgie. Ce site est censé permettre le remplacement progressif des modèles importés, comme ceux du fabricant chinois DJI. La montée en charge de cette production reste toutefois un point à surveiller, l'entreprise ayant déjà dû reporter à plusieurs reprises le déploiement opérationnel de ses propres modèles de drones.