Le Tribunal supérieur électoral du Brésil a relaxé Flavio Bolsonaro, candidat à la présidentielle d’octobre 2026, après l’avoir accusé d’avoir diffusé un deepfake de son père, Jair Bolsonaro, lors d’une convention pré-campagne. Une décision qui lui permet de rester en lice, malgré les accusations de manipulation électorale.
Un deepfake utilisé avant le début officiel de la campagne
Flavio Bolsonaro a été mis en cause pour avoir diffusé, fin juillet 2026, une vidéo générée par intelligence artificielle (IA) représentant son père, l’ex-président Jair Bolsonaro. Dans cette séquence, l’avatar numérique de l’ancien chef d’État, alors emprisonné, appelait à voter pour son fils en déclarant : *« Je suis emprisonné et réduit au silence par une décision injuste. Je vous demande d’accueillir à bras ouverts la personne que j’ai choisie pour me remplacer, la chair de ma chair, mon fils Flavio. »*
La coalition de gauche soutenant le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva avait porté plainte, estimant que cette diffusion violait une loi brésilienne interdisant l’usage d’avatars générés par IA de personnes réelles en période électorale. Cependant, le Tribunal suprême électoral a estimé que la convention du Parti libéral, lors de laquelle la vidéo a été diffusée, s’était tenue avant le début officiel de la campagne pour l’élection présidentielle du 4 octobre 2026.
Une décision serrée et des implications politiques majeures
Les juges ont rendu leur verdict à cinq voix contre deux, soulignant que la diffusion du deepfake ne pouvait être considérée comme une infraction électorale, faute de cadre légal applicable à cette phase pré-campagne. Cette décision offre à Flavio Bolsonaro la possibilité de poursuivre sa candidature, alors que son père, Jair Bolsonaro, purge une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d’État et reste sous restrictions judiciaires strictes.
L’ex-président, autorisé à purger sa peine à domicile pour raisons de santé, ne peut ni utiliser les réseaux sociaux ni s’exprimer publiquement. Pourtant, son avatar numérique a été mobilisé pour influencer l’électorat, illustrant les nouvelles stratégies de communication politique à l’ère de l’IA générative.
Un précédent juridique et des questions sur l’encadrement de l’IA en politique
Cette affaire soulève des interrogations sur l’efficacité des lois électorales face aux innovations technologiques. Le Brésil, comme d’autres démocraties, tente de réguler l’usage des deepfakes en période électorale, mais les procédures judiciaires peinent à suivre le rythme des avancées technologiques. La décision du Tribunal électoral pourrait ainsi servir de référence pour de futurs contentieux, alors que l’IA s’impose comme un outil de plus en plus central dans les stratégies de campagne.
Pour Flavio Bolsonaro, cette relaxe représente un soulagement, mais la campagne électorale reste sous haute tension. Les accusations de manipulation et les tensions politiques autour de la famille Bolsonaro pourraient encore peser sur le scrutin d’octobre.