L'agence de notation Fitch Ratings a révisé à la hausse la perspective de la note souveraine du Nigeria, la faisant passer de stable à positive. Cette décision, actée le 9 octobre 2026, souligne les progrès réalisés dans la stabilisation monétaire et l'accumulation des réserves de change, bien que la note reste maintenue au niveau « B ».
Le renforcement des réserves de change
La dynamique actuelle est portée par une gestion monétaire plus flexible, notamment concernant le naira, et une trajectoire de désinflation observée par l'agence. Le levier principal de cette révision réside dans la reconstitution rapide des réserves de change du pays. Celles-ci ont atteint 54,9 milliards de dollars en septembre 2026, marquant une progression significative par rapport aux 32 milliards de dollars enregistrés en avril 2024. Les réserves nettes, quant à elles, ont connu un redressement notable, passant de 4 milliards de dollars il y a deux ans à 34,8 milliards à la fin de l'année 2025.
Perspectives de croissance et moteurs économiques
Fitch anticipe une accélération de la croissance réelle, projetée à 4,3 % pour 2026, après avoir atteint 4 % l'année précédente. Cette tendance devrait se maintenir au-delà de 4 % pour les exercices 2027 et 2028. Cette dynamique est soutenue par une activité non pétrolière robuste, une augmentation de la production de brut et la montée en puissance des capacités de raffinage locales. L'agence prévoit également un excédent du compte courant représentant 6,4 % du produit intérieur brut pour l'année en cours.
Les défis structurels et la prudence budgétaire
Malgré ces indicateurs favorables, le maintien de la note à « B » reflète des vulnérabilités persistantes qui limitent la trajectoire de crédit du pays. Le service de la dette continue de peser lourdement sur les ressources budgétaires, tandis que les recettes publiques demeurent à des niveaux jugés faibles. L'économie nigériane reste également fortement corrélée aux fluctuations des cours du pétrole. Fitch souligne enfin que la pérennité des réformes économiques, dans un contexte politique marqué par l'approche des prochaines échéances électorales, sera un facteur déterminant pour une éventuelle amélioration future de la note souveraine.