L'agence Fitch Ratings a révisé à la hausse la perspective de la note de défaut émetteur à long terme du Nigeria, passant de « stable » à « positive », tout en maintenant la note à « B ». Cette décision souligne l'efficacité des réformes monétaires et de change engagées, qui renforcent la résilience du pays face aux chocs extérieurs.
Un renforcement notable des réserves de change
La dynamique positive observée par l'agence repose en grande partie sur l'amélioration spectaculaire de la position extérieure du pays. Les réserves de change brutes ont atteint 54,9 milliards de dollars en septembre 2026, contre 32 milliards en avril 2024. Cette progression est portée par une meilleure formalisation des transactions en devises, une hausse des recettes d'exportation, des transferts de fonds accrus et des entrées de capitaux robustes. Fitch anticipe que la couverture des réserves atteindra 6,3 mois d'importations d'ici la fin de l'année, plaçant le Nigeria au-dessus de ses pairs pour la période 2027-2028.
L'impact des réformes monétaires sur la stabilité
Le cadre de politique monétaire, désormais plus restrictif, est perçu comme un levier essentiel pour soutenir la flexibilité du naira et favoriser la désinflation. L'agence note que la crédibilité accrue des politiques publiques permet une meilleure transmission des décisions monétaires. Malgré une inflation qui demeure élevée par rapport aux standards internationaux, les mesures prises soutiennent la stabilité de la monnaie nationale, dont le cours devrait rester relativement stable jusqu'à la fin de l'année, en dépit des incertitudes liées aux prix du pétrole à moyen terme.
Perspectives politiques et défis structurels
Fitch anticipe une continuité dans la mise en œuvre des réformes, tablant sur une stabilité politique à l'approche des échéances électorales de 2027. Cette confiance est étayée par la solidité du cadre macroéconomique actuel et la capacité du gouvernement à maintenir le cap des réformes. Toutefois, l'agence tempère cet optimisme en rappelant les contraintes structurelles persistantes : une dépendance marquée aux hydrocarbures, des indicateurs de gouvernance faibles, des défis sécuritaires et un niveau de recettes publiques structurellement bas. La persistance d'erreurs et d'omissions importantes dans les données financières demeure également un point de vigilance pour la précision des évaluations futures.