Fitch pourrait dégrader la note de la France : quels risques pour l'économie et le budget 2027 ?

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 17 lectures
Fitch pourrait dégrader la note de la France : quels risques pour l'économie et le budget 2027 ?

Vendredi 26 septembre, l’agence Fitch pourrait abaisser la note de la dette française, déjà sous pression en raison d’un ralentissement économique, d’une dette record et d’un contexte politique instable. Une décision qui pourrait alourdir le coût de l’emprunt et compliquer la gestion du budget 2027, à quelques semaines de la présentation du projet de loi de finances.

Une économie en perte de vitesse et une dette record

La croissance française, déjà affaiblie par la hausse des prix de l’énergie et les tensions géopolitiques, a été révisée à la baisse à plusieurs reprises cette année. Après une prévision initiale de 1 %, elle est désormais estimée à 0,7 % pour 2026, en raison notamment des perturbations des approvisionnements énergétiques liées à la guerre au Moyen-Orient et des vagues de chaleur qui ont affecté la production agricole. La dette publique, quant à elle, atteint 117,5 % du PIB, un niveau qui alimente les débats sur la soutenabilité des finances publiques.

Des taux d’emprunt élevés et une perspective budgétaire incertaine

Les taux d’emprunt de l’État français, au plus haut depuis près de vingt ans, pèsent mécaniquement sur le coût de la dette. Cette situation, combinée à un déficit public attendu à 4,9 % du PIB en 2026, rend la cible de 5 % fixée par le gouvernement difficile à atteindre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas encore annoncé d’objectif pour 2027, alors que les discussions budgétaires s’annoncent tendues, notamment en l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale. Les agences de notation soulignent depuis des mois le manque de marge pour une consolidation budgétaire rapide avant l’élection présidentielle de 2027.

Fitch pourrait jouer la prudence… ou sanctionner

Fitch maintient actuellement la note de la France à A+, avec une perspective stable. Cependant, l’agence dispose d’arguments pour justifier une dégradation : ralentissement économique, taux d’emprunt élevés et incertitudes politiques. Certains économistes estiment qu’elle pourrait opter pour une baisse de la perspective, offrant ainsi un délai au gouvernement pour redresser la situation. Une dégradation de la note, en revanche, alourdirait le coût de la dette et pourrait fragiliser davantage les finances publiques. Les deux autres grandes agences, Moody’s et S&P Global Ratings, doivent se prononcer respectivement le 23 octobre et le 27 novembre.

Quel impact sur les débats politiques et sociaux ?

La question de la dette et de la gestion des finances publiques est devenue un enjeu central de la campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Les programmes économiques des candidats, notamment ceux du Rassemblement National et de La France Insoumise, suscitent des inquiétudes sur les marchés. Jean-Luc Mélenchon a récemment proposé l’annulation d’une partie de la dette, une idée rejetée par le gouvernement. Dans ce contexte, une dégradation de la note pourrait renforcer les tensions entre l’exécutif et les oppositions, tout en compliquant la tâche des futurs gouvernements pour mener des réformes structurelles.

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