Les abonnés béninois voient disparaître les forfaits internet illimités à 5 000 et 10 000 FCFA, remplacés par des offres à partir de 15 100 FCFA. Une décision des opérateurs MTN et Moov Africa qui interroge sur les raisons de cette hausse et ses conséquences pour les utilisateurs.
Une suppression des offres d’entrée de gamme
Les deux principaux opérateurs du pays, MTN Bénin et Moov Africa Bénin, ont retiré de leurs catalogues les forfaits internet illimités proposés à des prix accessibles. Désormais, le premier palier des formules dites « illimitées » s’établit à 15 100 FCFA pour une validité de 30 jours. Cette mesure marque la fin d’une ère où les utilisateurs pouvaient bénéficier d’un accès internet à moindre coût, une pratique qui avait contribué à démocratiser l’accès au numérique dans le pays.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de pression croissante sur les marges des opérateurs, confrontés à l’augmentation des coûts d’infrastructure et à la nécessité de moderniser leurs réseaux. Les forfaits à bas prix, autrefois attractifs, ne couvraient plus les dépenses opérationnelles, poussant les entreprises à réviser leur modèle tarifaire. Pour les consommateurs, cette hausse représente un défi supplémentaire, surtout dans un pays où le pouvoir d’achat reste limité.
Conséquences pour les utilisateurs et le marché
La disparition des forfaits à 5 000 et 10 000 FCFA risque de marginaliser une partie de la population, notamment les jeunes et les ménages modestes, qui dépendaient de ces offres pour rester connectés. Les nouveaux tarifs, bien que justifiés par les opérateurs, pourraient accentuer la fracture numérique, un enjeu majeur pour un pays en pleine transition digitale. Les alternatives, comme les forfaits prépayés ou les promotions ponctuelles, pourraient atténuer l’impact, mais leur efficacité reste à prouver.
Sur le plan économique, cette décision reflète une tendance régionale où les opérateurs télécoms ajustent leurs stratégies pour s’adapter à un marché en mutation. La hausse des tarifs pourrait également stimuler l’innovation, avec l’émergence de solutions low-cost ou de partenariats public-privé pour maintenir l’inclusion numérique. Cependant, sans mesures compensatoires, cette évolution risque de creuser les inégalités d’accès à internet, un pilier essentiel du développement socio-économique.