L’aviculture guinéenne entre dans l’ère de la révolution alimentaire

Par Rédaction KUMBA 4 min de lecture 58 lectures
L’aviculture guinéenne entre dans l’ère de la révolution alimentaire

La Guinée mise sur des poulets locaux pour nourrir son avenir.

Deux jours de débats intenses ont scellé un tournant : la filière avicole guinéenne doit passer à la vitesse supérieure. À Conakry, acteurs publics, privés et financiers ont validé une stratégie ambitieuse pour 2026-2035. Objectif ? Transformer un secteur encore fragile en levier de souveraineté alimentaire et de croissance économique. Mais jusqu’où ira cette ambition ?


Un diagnostic transformé en feuille de route Les travaux, présidés par la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Djami Diallo, ont abouti à une conclusion sans appel : les mots sont dits, les réformes doivent suivre. La stratégie nationale, enrichie par des experts, identifie les failles du Fonds de développement de l’élevage (FONDEL) et trace des pistes concrètes. Plus de promesses : des modèles de réussite à reproduire, des mécanismes de financement à déverrouiller, et des investissements structurants à lancer sans délai.

Les participants ont pointé du doigt des blocages récurrents : manque de garanties pour les emprunts, risques climatiques non couverts, et filières de production encore artisanales. Pourtant, les solutions existent. Les banques guinéennes et les institutions internationales sont prêtes à financer – à condition que les projets soient solides et les entreprises formalisées.


Des recommandations qui font mal à la tête… et qui doivent être appliquées La liste des actions prioritaires est longue, mais claire :

  • Une feuille de route opérationnelle pour appliquer la stratégie sans attendre.
  • Un comité de suivi pour éviter les promesses non tenues.
  • La modernisation du FONDEL, seul outil capable de financer à grande échelle.
  • Des investissements massifs dans l’accouvage, les aliments pour volailles, et les infrastructures de transformation.
  • Des assurances adaptées aux risques sanitaires et climatiques, toujours sous-estimés.

Un point revient comme un leitmotiv : la nécessité de créer un écosystème où État, banques et privés agissent en synergie. Sans cela, les ambitions resteront des vœux pieux. Djami Diallo l’a martelé : « Le gouvernement prend bonne note des recommandations. Nous accélérons. » Mais les Guinéens se demandent : qui veillera à ce que les promesses deviennent des réalités sur le terrain ?


Pourquoi l’aviculture ? Parce que la Guinée ne peut plus se permettre d’importer Chaque année, des millions de dollars fuient le pays pour importer des œufs, du poulet et des volailles. Une dépendance coûteuse, surtout dans un contexte où les ressources naturelles pourraient nourrir la population locale. L’aviculture, c’est bien plus qu’une filière : c’est un rempart contre la famine, un créateur d’emplois, et une fierté nationale.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • Des milliers d’emplois pourraient être générés, surtout pour les jeunes et les femmes, souvent exclues des opportunités économiques.
  • Une réduction drastique des importations, libérant des devises pour d’autres secteurs stratégiques.
  • Une sécurité alimentaire renforcée, avec des produits locaux, sûrs et compétitifs.

Pourtant, le défi reste immense. Comment concilier rapidité et qualité ? Comment éviter que cette filière ne devienne un nouveau champ de prédation pour les élites ? Les réponses résident dans la transparence, la formation des acteurs locaux et une gouvernance sans faille.


Le mot de la fin : l’action, maintenant Djami Diallo a clos les travaux avec une phrase qui résume tout : « L’heure n’est plus au diagnostic, mais à l’action. » Un défi colossal s’ouvre à la Guinée. Les investisseurs sont prêts, les partenaires techniques aussi. Il ne manque plus que la volonté politique de faire durer les engagements.

La question qui brûle les lèvres : la Guinée osera-t-elle enfin passer des mots aux actes ? Car une chose est sûre : celui qui nourrit son peuple construit son avenir. Et celui qui le néglige le paiera cher.

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