La FIFA s’apprête à envoyer une mission au Nigeria pour superviser la refonte de la Fédération nigériane de football (NFF), après des mois de crise institutionnelle et de démissions massives. Mais l’instance mondiale du ballon rond tarde à valider le comité de normalisation proposé par Abuja, malgré des discussions jugées « fructueuses » à Zurich.
Une crise sportive devenue « urgence nationale »
Le président Bola Ahmed Tinubu a qualifié la situation du football nigérian de « crise nationale », exigeant une réforme en profondeur après la démission en bloc du comité dirigé par Ibrahim Gusau. Sous la pression publique et politique, l’exécutif a ordonné la mise en place d’un « comité de normalisation » chargé de superviser la transition et d’organiser de nouvelles élections pour la direction de la NFF. Une mission confiée à la Commission nationale des sports (NSC), qui supervise les activités de la fédération.
FIFA en attente d’une visite sur place avant validation
Lors d’une rencontre à Zurich, le président de la FIFA Gianni Infantino et son équipe ont salué les propositions nigérianes, qualifiant les échanges de « fructueux ». Cependant, l’instance mondiale refuse pour l’instant de ratifier officiellement le comité de normalisation, exigeant préalablement une visite d’une délégation FIFA au Nigeria. Cette mission, dont la date n’a pas été précisée, permettra d’évaluer in situ les conditions de mise en œuvre des réformes et de valider les profils des futurs membres du comité.
La FIFA jouera un rôle central dans la sélection des personnalités appelées à composer ce comité. Tous les candidats devront se soumettre aux tests d’intégrité et d’éligibilité obligatoires, conformément aux standards de l’instance mondiale pour les affiliés. Les négociations entre la NSC et la FIFA se poursuivent pour finaliser ce processus.
Un comité de normalisation sous haute surveillance
Le mandat initial du comité de normalisation était estimé à trois mois, mais des sources évoquent désormais une durée pouvant s’étendre jusqu’à six mois, voire un an. L’objectif : garantir que les réformes soient menées à terme de manière exhaustive et transparente. Parmi les profils pressentis pour diriger ce comité figure AbdulHakeem Uthman Mustapha, avocat nigérian de renom (Senior Advocate of Nigeria) et membre du Comité antiracisme et antidiscrimination de la FIFA. Son expérience au sein de l’instance mondiale et sa proximité avec les cercles présidentiels en font un candidat de choix pour incarner cette transition.
Football nigérian : entre urgence de reconstruction et enjeux de crédibilité
Cette crise survient dans un contexte où le football nigérian, autrefois référence en Afrique, peine à retrouver son lustre d’antan. Les démissions massives et les dysfonctionnements institutionnels ont révélé des failles structurelles, nécessitant une refonte complète. La validation finale du comité de normalisation par la FIFA constituera un signal fort pour la crédibilité du football local, mais aussi pour la confiance des partenaires internationaux et des supporters. Les prochaines semaines seront déterminantes pour concrétiser cette réforme, sous le regard attentif de la communauté footballistique africaine et mondiale.