Une avancée symbolique, mais fragile : la République démocratique du Congo et le Mouvement du 23 mars (M23) ont convenu d’une feuille de route pour structurer les négociations de paix, sous l’égide de l’accord-cadre de Doha signé fin 2025. Cette initiative, annoncée après des discussions en Suisse, vise à définir un calendrier précis pour les pourparlers, tout en instaurant des mécanismes de vérification du cessez-le-feu. Pourtant, les observateurs soulignent que les défis restent immenses, alors que seulement deux des sept protocoles de l’accord ont été partiellement mis en œuvre.
Une feuille de route pour cadrer les négociations
Les deux parties ont acté une feuille de route détaillant les étapes successives des pourparlers, dans le cadre de l’accord-cadre de Doha. Ce document, rendu public par le gouvernement suisse, précise que les discussions devront désormais suivre un calendrier strict, avec une première mission de vérification du cessez-le-feu prévue dès ce lundi à Minembwe, dans le Sud-Kivu. Un « mécanisme de suivi » sera également créé pour évaluer les progrès et identifier les obstacles à la mise en œuvre des engagements pris.
Minembwe, premier test de la trêve
La province du Sud-Kivu, théâtre de violences récurrentes impliquant l’armée congolaise et les combattants du M23, devient le laboratoire de cette tentative de pacification. Une mission conjointe de vérification du cessez-le-feu y est déployée dès aujourd’hui, marquant la première application concrète de l’accord. Pourtant, cette initiative intervient dans un contexte où les tensions persistent, comme en témoignent les récents accrochages signalés dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
Des avancées limitées face à des défis structurels
Si Christian Moleka, analyste politique et coordonnateur de la Dypol, salue « quelques avancées », notamment sur le cessez-le-feu, il rappelle que six des sept protocoles de l’accord de Doha n’ont toujours pas été signés. « On est encore au niveau de la mise en œuvre du premier protocole, alors que le processus en compte sept », souligne-t-il. L’expert évoque une stratégie de « travail à l’usure » : le M23 chercherait à maximiser ses revendications, tandis que Kinshasa miserait sur un épuisement progressif du processus, dans l’espoir d’un soutien international accru. « Les deux parties gardent une option militaire dans leur manche », estime-t-il, mettant en garde contre le risque d’un enlisement durable.