À Réo, des femmes burkinabè prennent les devants pour transformer Faso Mêbo en symbole d’autonomie locale. Leur engagement sur le chantier illustre une dynamique collective où l’État n’est plus le seul acteur du développement.
Les faits essentiels
Des membres de l’Union des groupements féminins/Cwe Dwan Nye (UGF/CDN), accompagnées de leur coordonnateur Bayomé Bationo, ont participé activement aux travaux de construction de Faso Mêbo à Réo. Leur présence sur le chantier, mardi, marque un engagement concret pour contribuer à l’édification de la cité. Parmi elles, Marguerite Kansolé, comptable de l’UGF/CDN, a souligné l’importance de cette mobilisation comme un premier pas pour inspirer d’autres femmes à rejoindre l’effort collectif.
Le chantier, où l’ambiance est studieuse, nécessite à la fois une main-d’œuvre féminine et des contributions matérielles. Aimé Bassolé, chargé de filière de l’UGF/CDN, a rappelé que la construction du Sanguié incombe avant tout à ses habitants, appelant les ressortissants de la province à apporter leur soutien sous diverses formes : matériel, agrégats, dons en nature ou en espèces.
Pourquoi c'est important
Cette initiative des femmes de l’UGF/CDN dépasse le simple acte de construction. Elle incarne une prise de conscience collective : le développement territorial ne peut reposer uniquement sur les épaules de l’État. En s’impliquant directement, ces femmes démontrent que l’autonomisation locale passe par l’action citoyenne et la mobilisation des communautés. Leur engagement pourrait servir de catalyseur pour d’autres initiatives similaires, renforçant ainsi la cohésion sociale et l’autosuffisance des provinces.
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs éléments restent à observer dans les prochaines semaines. D’abord, l’ampleur de la mobilisation féminine : l’effectif actuel ne représente qu’une partie des membres de l’UGF/CDN, et leur appel à d’autres groupements pourrait élargir la dynamique. Ensuite, la réponse des habitants du Sanguié et des ressortissants de la province, dont l’implication matérielle ou financière sera déterminante pour la pérennité du chantier. Enfin, la capacité des autorités locales à accompagner cette initiative citoyenne, afin qu’elle ne reste pas un simple geste symbolique mais s’inscrive dans une stratégie durable de développement territorial.